Voyage Evasion Découverte
By Steph
CARNET DE VOYAGE
DESTINATIONS DE VOYAGES
CONSEILS PRATIQUES
——————————————————————————————————————————————————————————————————————————
La Valette - Les Trois Citées - Tas-Sliema - Ħal Tarxien Temples - Hypogée de Ħal Saflieni - Marsaskala Marsaxlokk - St. Peter's Pool - Blue Grotto - Hagar Qim et Mnajdra Temples - Mdina - Rabat - Mosta
Il-Ġnejna Bay - Mellieħa - La Tour Sainte-Agathe - Anchor Bay - La péninsule d'Aħrax
Blue Lagoon - Crystal Lagoon - L-Għar ta’ Bla Saqaf/It-Tieqa/Taħt il-Ħnejja - It-Torri ta' Santa Maria
Victoria/Ir-Rabat - La basilique Ta' Pinu de Għarb - Ix-Xlendi - Les falaises de Gebel Ben Gorg - Inland Sea
Tieqa Żerqa / Fenêtre d'Azur - Xwejni Salt Pans - Wied il-Għasri - Ir-Ramla l-Ħamra - Tal-Mixta Cave
ÎLES MALTAISES
5 000 d'histoire…
Véritable musée à ciel ouvert au cœur de la Méditerranée, ce minuscule archipel possède un charme irrésistible, presque inattendu. Ce petit groupe de huit îles, dont seules trois sont habitées, se dresse fièrement entre Orient et Occident, comme un pont naturel entre deux mondes. Au large de la Sicile et non loin des côtes tunisiennes, les îles maltaises se déploient au carrefour des grandes routes maritimes qui ont façonné l'histoire du bassin méditerranéen.
Peuplé depuis le Néolithique, l'archipel de Malte n'a cessé d'être convoité par les grandes civilisations environnantes : Phéniciens, Carthaginois, Romains, Arabes, Normands, Espagnols, puis les célèbres chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean. Tous y ont laissé leur empreinte. Avec le temps, Malte est devenue l'un des bastions les plus prestigieux de l'Occident chrétien, un véritable creuset où se mêlent harmonieusement influences européennes et orientales.
Avec sa pierre calcaire couleur miel qui illumine les villes, ses temples préhistoriques plus anciens que les pyramides d'Égypte, ses châteaux médiévaux et ses cités fortifiées, un voyage à Malte vous transporte instantanément à travers plus de 5 000 ans d’histoire.
Malte, c'est avant tout ses joyaux : La Valette et Mdina. Fondée par les chevaliers de Saint-Jean, La Valette est un concentré d'architecture baroque, de palais massifs et de ruelles étroites bordées de hautes maisons ornées de
bow-windows colorés en pierre taillée ou en bois. Mdina, l'ancienne capitale surnommée la Cité du Silence, charme par son atmosphère médiévale intacte, ses murailles majestueuses et ses ruelles où le temps semble suspendu.
Le soleil omniprésent, l'eau d'une transparence cristalline et l'art de vivre en terrasse rappellent la douce Sicile voisine, tandis que l'accent maltais, mélange unique d'italien et d'arabe, évoque des siècles de métissage culturel.
Ce petit pays accueillant et serein vous dévoilera aussi une nature généreuse et sauvage : falaises vertigineuses, criques secrètes, grottes marines, petites plages aux airs de bout du monde… Un archipel qui regorge de trésors, bien au-delà de ce que sa taille pourrait laisser imaginer.
Pour encore plus de dépaysement, mettez le cap sur l'île voisine de Gozo. Plus authentique, plus rurale et plus préservée que sa grande sœur Malte, Gozo offre un véritable refuge de calme et de sérénité. Ici, le temps semble s'écouler plus lentement : les paysages vallonnés, les villages paisibles aux églises imposantes, et les falaises battues par les vents donnent à cette île un charme incomparable.
Gozo, c'est un peu l'âme traditionnelle de l'archipel, celle qui n'a jamais vraiment cédé aux effets du tourisme de masse.
À la fin de l'été 2021, j'avais un besoin urgent de vacances. Pourtant, avec cette période de Covid-19, j'avais du mal à croire que je pourrais voyager cette année-là. Mon choix hésitait entre l'Ouzbékistan et les îles Canaries.
L'Ouzbékistan me tentait énormément, mais comme il se situe en dehors de l'Europe, j'appréhendais les contraintes sanitaires et le risque d'être contraint à une septaine. Les Canaries semblaient être une option plus raisonnable… jusqu'au jour où, en regardant un reportage à la télévision sur Malte, j'ai eu un déclic. Cette petite destination européenne s'est soudain imposée comme une évidence. 🤩
Plusieurs amis et connaissances nous ont lancé :
« Mais pourquoi partir 13 jours à Malte ? C'est trop long, il n'y a pas grand-chose à voir ! »
Heureusement que je ne les ai pas écoutés…
En préparant le voyage, j'ai découvert que ce minuscule archipel offrait une richesse culturelle et naturelle incroyable, bien au-delà de ce que le reportage montrait. J'ai rapidement compris que 13 jours ne seraient pas de trop pour explorer l'ensemble de ses trésors.
Nous sommes donc partis à deux, début octobre, pour 13 jours de découverte dans le plus petit pays d'Europe.
Pour nous y rendre, nous avons volé avec les compagnies Air France et Air Malta, prêtes à nous ouvrir les portes de ce petit bout de Méditerranée chargé d'Histoire.
=====================================================================================
Comment se déplacer sur les îles ?
Pour se déplacer dans l'archipel maltais, plusieurs options s'offrent à vous. Certaines sont idéales si vous restez à La Valette, d'autres conviennent mieux si vous souhaitez explorer l'île en profondeur ou rejoindre Gozo et Comino.
Si vous restez à La Valette :
I. À pied
La marche est évidemment l'option la plus simple, la plus économique et sans doute la plus agréable pour découvrir La Valette et les Trois Cités.
Les distances sont courtes, les ruelles superbes… bref, parfait pour s'imprégner de l'atmosphère locale.
II. Les navettes ferries rapides
Si vous souhaitez rejoindre les Trois Cités ou vous rendre à Tas-Sliema pour flâner, faire du shopping ou boire un verre au bord de mer, les ferries sont l'option la plus pratique.
Tarifs 2021 :
Lien pour les horaires : Valletta Ferry Services
Un vrai plaisir… et un gain de temps considérable par rapport au bus !
Carte navette ferry La Valette - Les 3 Citées Carte navette ferry La Valette - Sliema
III. Location de scooter, quad ou vélo
Très pratique si votre séjour est court et que vous souhaitez explorer rapidement les alentours de La Valette.
IV. Location de voiture
Liberté totale… mais il faut savoir où vous mettez les roues !
Les loueurs demandent parfois des suppléments selon l'âge du conducteur :
Je conseille de privilégier les agences internationales de l'aéroport, plus fiables.
⚠️ Évitez absolument les agences douteuses : par exemple, Goldcar, réputée pour ses cautions démesurées et sa politique du “réservoir vide”.
Conseils utiles pour la voiture
clignotants.
- Beaucoup n'acceptent pas la carte.
- Évitez les billets de 50 ou 100 €.
- Le dimanche, paiement uniquement via automates en billets.
audacieux.
- Vert = réservé aux résidents
- Bleu = payant ou disque obligatoire
- Blanc = gratuit
- Les parkings publics sont souvent gratuits, mais un petit pourboire (0,50 €) au gardien est apprécié.
À la prise du véhicule :
Toujours inspecter la voiture minutieusement.
Le parking des loueurs est souvent sombre :
Cela vous évitera toute contestation au retour— des voyageurs se sont déjà vu débiter la caution malgré un plein effectué…
V. Les taxis officiels blancs
Pratiques mais chers. À réserver en cas de nécessité.
VI. Les VTC
Les deux compagnies locales : Ecabs ou iGo.
Efficaces, modernes, souvent moins chères que les taxis classiques, et parfois avec wifi à bord.
À réserver directement via leur application.
Si vous restez plus longtemps et souhaitez visiter l’archipel :
VIII. Les bus publics
Très économiques et bien développés, mais parfois lents.
Une bonne solution si vous avez du temps devant vous.
X. Les bus panoramiques City Sightseeing
Parfaits pour une première approche des îles, surtout pour les voyageurs
sans voiture.
Malte :
Gozo :
X. Les ferries (Gozo & Comino)
Indispensables pour naviguer d'île en île :
• 25 minutes
• 13 € A/R adulte
• 7 € enfant
➡️ Gozo Channel
• 25 minutes
• 15,70 € pour la voiture + chauffeur
• 4,65 € par passager supplémentaire
• Paiement uniquement au retour
Pour profiter pleinement de notre séjour et être totalement indépendants, nous avons opté pour une location de voiture.
Mais nous n’avons commencé la location qu’au troisième jour, car nous n’en avions absolument pas besoin pour visiter La Valette.
=====================================================================================
L'île de Malte : Malta
La Valette : Il-Belt Valletta Ville coup de cœur
La Valette, minuscule capitale de la République de Malte, est un véritable joyau posé au cœur de la Méditerranée. Fondée en 1566 par les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, elle portait fièrement le nom d’Humilissima Civitas Vallettae, « Très Humble Ville de La Valette », en hommage au grand maître Jean de Valette, héros du Grand Siège de 1565.
Cette « humilité » n'a pourtant rien d'humble : La Valette est un trésor d'architecture et d'histoire, une ville fortifiée dont chaque rue, chaque façade et chaque balcon raconte cinq siècles de mémoire.
Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980, elle impressionne par sa densité culturelle exceptionnelle : plus de 320 monuments réunis dans à peine 55 hectares ! Autant dire que c'est l'une des villes les plus concentrées en histoire au monde.
Partout où le regard se pose, l'émerveillement est immédiat : ruelles bordées d'immeubles baroques aux façades couleur miel, escaliers monumentaux en pierre, balcons maltais en bois sculpté, petites églises nichées à chaque coin de rue et vastes places où il fait bon s'arrêter pour prendre un café en terrasse.
La ville est un kaléidoscope d'influences méditerranéennes : un mélange subtil d'Italie, de Moyen-Orient,
d'Espagne et de patrimoine militaire. Et malgré son passé tumultueux, La Valette se présente aujourd'hui comme une cité élégante, rénovée avec soin, vibrante et lumineuse.
Pour nous, cela été un véritable coup de cœur, probablement l'un des plus beaux centres historiques que nous ayons visités.
La Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette
S'il y a UN monument à ne manquer sous aucun prétexte à Malte, c'est bien celui-ci.
La co-cathédrale Saint-Jean, située en plein cœur de la capitale, est un chef-d'œuvre absolu de l'art baroque, un joyau inattendu que rien ne laisse présager lorsque l'on passe devant son austère façade de pierre miel.
Construite entre 1573 et 1577 par les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, elle servait à la fois d'église conventuelle et de lieu de rassemblement pour cette élite guerrière venue de toute l'Europe.
De l'extérieur, tout est simple, presque sévère : des lignes droites, une pierre brute, deux clochers jumeaux. On pourrait presque passer sans imaginer un seul instant l'exubérance qui se cache derrière ces murs.
Mais une fois la porte franchie… le choc visuel est total.
J'avais été prévenu, certes, mais comme tous les visiteurs, je suis resté bouche bée. On a littéralement l'impression de pénétrer dans un coffre à bijoux dont chaque recoin aurait été façonné par un maître artisan.
Entre 1662 et 1667, l'artiste calabrais Mattia Preti transforma l'intérieur en un véritable théâtre baroque, où chaque centimètre carré raconte la puissance et la richesse de l'Ordre.
Les murs et les colonnes sont entièrement sculptés puis recouverts d'or, l'ornementation est d'une finesse incroyable, et les immenses fresques qui habillent les plafonds retracent en 18 scènes la vie de saint Jean-Baptiste, patron des chevaliers.
La lumière semble danser sur les dorures, révélant une profusion de détails qui donne presque le vertige.
Sous vos pieds, un autre chef-d'œuvre : un sol constitué de 405 dalles funéraires en marbre polychrome, chacune dédiée à un chevalier.
Les pierres sont de véritables œuvres d'art, richement incrustées de blasons, de symboles guerriers, de vanités et d'allégories latines évoquant la vie et la mort de ces hommes d'exception. Marcher sur ce tapis de marbre, c'est remonter le temps, comme si l'on foulait le sanctuaire même de l'Europe chevaleresque.
Huit somptueuses chapelles latérales rendent hommage aux différentes « langues », c'est-à-dire aux huit nations constituant l'Ordre : la Provence, l’Auvergne, la France, l’Aragon, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre et
le Castille-Léon-Portugal.
Chacune est un monde en soi, décorée d'œuvres précieuses et de symboles liés à l'histoire de leur région d'origine.
Sous l'autel, la crypte renferme les tombes de douze grands maîtres, mais celle-ci n'est malheureusement pas accessible au public.
La co-cathédrale Saint-Jean n'est pas qu'un monument religieux, c'est un livre d'histoire, un sanctuaire de l'art et, pour beaucoup, l'un des plus beaux intérieurs baroques d'Europe. Ce que je confirme... 🤩
Une visite incontournable, à vivre au moins une fois dans sa vie.
Informations : Durée de la visite : Environ 1h – Heures d'ouverture : Du lundi au vendredi 9h30 – 16h45 et le samedi 9h30 – 12h45 Fermé le dimanche – Prix d'entrée : Adultes 15 € – Séniors et étudiants 12 € – Gratuit pour les enfants âgés de moins de 12 ans – (Les talons sont interdits)
Le Palais des Grands Maîtres
Situé juste derrière la co-cathédrale, le Palais des Grands Maîtres est l'un des bâtiments les plus emblématiques de La Valette. Ancienne résidence officielle des Grands Maîtres de l'Ordre de Malte, il est aujourd'hui le siège de la Présidence et du Parlement maltais. À lui seul, il symbolise le prestige, la puissance et le raffinement de cet ordre militaire souverain qui fit de Malte un rempart imprenable de l'Europe chrétienne.
En pénétrant dans le palais, on est immédiatement frappé par l’élégance solennelle des lieux.
Le vaste corridor principal, magnifiquement voûté et décoré de fresques représentant l'histoire glorieuse de l'Ordre, mène aux appartements d'État. Ce sont de véritables salles de cérémonie où se mêlent faste baroque, influences italiennes et héritage chevaleresque.
La Salle du Conseil, ornée de splendides tentures tissées par la manufacture des Gobelins, témoigne du lien étroit entre Malte et les grandes puissances européennes. Plus loin, on découvre la majestueuse Salle des Dîners officiels, puis la Salle du Grand Conseil, où étaient prises les décisions les plus importantes concernant la défense de l'île et la politique de l'Ordre.
Le Salon des 16 Pages, autrefois réservé aux jeunes nobles servant la cour
du Grand Maître, précède le superbe Salon des Ambassadeurs, richement décoré et baigné de symboles diplomatiques. C'est ici que les illustres invités étaient reçus avec honneur ; aujourd'hui encore, le président maltais y accueille ses hôtes étrangers.
Les plafonds peints, les tapisseries, les boiseries, les sols de marbre incrustés des blasons des grands maîtres ayant vécu dans le palais… tout respire la grandeur et la finesse d'un pouvoir autrefois rayonnant.
Enfin, dans les anciennes écuries, se trouve l'armurerie, une collection impressionnante d'armes et d'armures authentiques ayant appartenu aux chevaliers et aux Grands Maîtres. Casques ouvragés, cuirasses gravées, épées richement décorées, hallebardes, boucliers : un témoignage unique de l'art militaire du XVIe au XVIIIe siècle.
Informations : Horaires : Lundi à vendredi 10h - 16h (Samedi et dimanche 16h30) – Prix d'entrée : Adulte 10 €
Le Lower Barraka Garden : sérénité et panorama
Situé sur le bastion Saint-James, le Lower Barrakka Garden est un petit
joyau de verdure suspendu au-dessus de la mer. Ombragé, paisible, traversé par une brise marine rafraîchissante, c'est l'un des plus beaux points de vue sur les Trois Cités qui se dressent fièrement sur la rive opposée.
Au cœur du jardin, se trouve l'élégant Siege Bell War Monument, érigé en hommage aux victimes du siège de Malte durant la Seconde Guerre mondiale.
Sa silhouette ronde et harmonieuse se découpe parfaitement sur le bleu de la Méditerranée : un spot très photogénique.
Ici, tout invite à la détente : les bancs en pierre, le chant des oiseaux, les arches qui encadrent le panorama… L'endroit est idéal pour une pause, un café ou simplement pour admirer les mouvements des ferries dans le Grand Harbour.
Upper Barrakka Gardens
Dominant les bastions de La Valette, les Upper Barrakka Gardens offrent sans doute la plus belle vue panoramique de tout l'archipel. C'est un lieu incontournable pour quiconque visite Malte.
De ce jardin en terrasse, la vue plongeante sur le Grand Harbour, le plus grand port naturel de Méditerranée, est absolument spectaculaire. On peut y admirer les Trois Cités — Vittoriosa, Senglea et Cospicua — disposées comme un amphithéâtre face à la mer.
À l'origine, en 1661, ce jardin n'était pas ouvert au public. Il servait de lieu de promenade, de détente et même d'entraînement aux chevaliers. Les arcades qui se trouvent à l'extrémité du jardin étaient autrefois couvertes, jusqu'à
la fameuse Révolte des Prêtres en 1775. Jugeant ces recoins trop sombres et propices aux conspirations, le Grand Maître ordonna de les ouvrir entièrement.
C'est finalement sous l'occupation britannique, après 1800, que les jardins devinrent accessibles au public.
Aujourd'hui, ils sont l'un des lieux les plus appréciés de La Valette : parfaits pour un lever de soleil, un pique-nique,
une séance photo ou tout simplement un moment de contemplation.
Et juste en contrebas, ne manquez pas la célèbre Saluting Battery, où un coup de canon est tiré chaque jour à midi
et à 16 h, une tradition impressionnante héritée des siècles passés.
La Casa Rocca Piccola
À quelques mètres de la place Saint-Georges se trouve un magnifique hôtel particulier du XVIᵉ siècle : la Casa Rocca Piccola. Cette splendide demeure aristocratique appartient aujourd'hui à la famille du Marquis De Piro, l'une des plus anciennes lignées de Malte. Elle porte le nom de son premier propriétaire, l'amiral Don Pietro La Rocca, gouverneur de La Valette à la fin du XVIᵉ siècle.
C'est d’ailleurs le seul palais de la capitale encore habité par des particuliers, ce qui lui confère une atmosphère chaleureuse et vivante, bien loin des palais transformés en musées figés.
La visite permet de découvrir une quinzaine de pièces — sur les cinquante que compte le palais — toutes différentes, richement
meublées et décorées de collections familiales accumulées depuis plus de 400 ans : tableaux, argenteries, porcelaines, archives, vêtements anciens… Un véritable voyage dans le temps.
Sous la demeure, un réseau de tunnels et d'abris anti-aériens témoigne du rôle crucial que Malte a joué durant la Seconde Guerre mondiale. Ces galeries servaient à protéger les habitants des bombardements incessants.
Le petit jardin intérieur, intime et lumineux, est un havre de paix qui contraste merveilleusement avec l'animation de La Valette. Et cerise sur le gâteau : il est possible de séjourner dans l'une des superbes chambres en B&B, toutes décorées avec un charme d’époque.
Informations : Visite en anglais toutes les heures – Durée 45mn – Ils proposent des traducteurs en plusieurs langues – Horaires : 10h - 17h (avec dernière entrée à 16h) Fermé le dimanche – Prix d'entrée : Adultes 9 € (Enfants de -14 ans gratuit – Séniors et étudiants 5 €). Lien : Casa Rocca Piccola
Le Fort Saint-Elme et son Musée National de la Guerre
Situé à l'extrémité de la péninsule de Xiberras, le Fort Saint-Elme est l'une des fortifications les plus
impressionnantes de l'île. Édifié entre 1552 et 1556 dans l'urgence, il avait pour objectif de repousser les attaques ottomanes. Sa position stratégique permettait de contrôler à la fois le Grand Harbour et le port de Marsamxett.
Aujourd'hui restauré, le fort abrite le Musée National de la Guerre, dont les collections retracent plusieurs siècles d'histoire militaire maltaise : armures des chevaliers de Saint-Jean, armes ottomanes, objets personnels de soldats, photos d'époque… On peut même y admirer la célèbre jeep Husky du président Roosevelt, utilisée lors de sa visite à Malte en 1943.
Depuis les remparts, la vue panoramique sur les ports naturels et les villes environnantes est absolument saisissante.
Sur le côté ouest, on observe la partie basse du fort, volontairement laissée dans son état original. Massif, austère, envahi par le temps, ce décor impressionnant a servi de lieu de tournage à plusieurs films, dont le fameux Midnight Express en 1978.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 (En été 17h30) – Prix d'entrée : Adulte 10 € (Enfants de - 6 ans gratuit – Séniors et étudiants 7,50 €)
Pour terminer cette première journée, nous avons flâné dans Republic Street et Merchant Street, les deux artères commerçantes principales de La Valette.
Republic Street et Merchant Street
Idéales pour une balade en fin d'après-midi, elles regorgent de boutiques de souvenirs, de bijouteries, de magasins de mode et de petits bars ou restaurants où s'attarder en terrasse.
Toujours animées mais jamais oppressantes, ces rues incarnent parfaitement le charme méditerranéen de la capitale.
Le lendemain matin, vers 9h, nous avons décidé de partir visiter les Trois Cités. Nous nous sommes rendus sur les quais pour prendre la navette fluviale, située à quelques pas seulement de notre hôtel. Les ferries assurent une liaison régulière entre La Valette et l’autre rive.
La traversée, qui ne dure qu'une dizaine de minutes, offre un point
de vue splendide sur les bastions de la ville.
La navette vous dépose directement dans le port de la ville de L-Isla (Senglea), l'une des trois cités historiques fortifiées.
Situées au sud, juste en face de La Valette, Les Trois Cités regroupent trois villes chargées d’histoire :
L-Isla (Senglea), Il-Birgu (Vittoriosa) et Bormla (Cospicua).
Elles forment un ensemble unique, véritable berceau de l'Ordre de Saint-Jean, bien avant la construction de La Valette.
La meilleure façon de les découvrir ? Tout simplement à pied, en se laissant porter par les ruelles étroites, les escaliers de pierre, les façades couleur miel ornées de bow-windows, tout en s'arrêtant pour admirer les magnifiques panoramas sur La Valette. Ici, chaque détour révèle un vestige du passé : une vieille porte fortifiée, un bastion, une église, un palais oublié.
Ces trois cités sont les plus anciennes de toute la région portuaire de Malte. C'est là que les Chevaliers de Saint-Jean se sont installés à leur arrivée sur l'île, avant de bâtir leur capitale actuelle. Leurs forts, leurs remparts et leurs maisons sont donc plus anciens que ceux de La Valette, ce qui donne à l'ensemble une atmosphère authentique, presque intemporelle.
Autrefois puissantes villes-forteresses, elles furent le théâtre de batailles épiques, notamment lors du Grand Siège de 1565. Chaque pierre, chaque rue porte encore les cicatrices et les triomphes de ces siècles de luttes.
Ces cités constituent aujourd'hui l'un des endroits les plus charmants et les plus paisibles de l'archipel. Une vraie plongée dans l'histoire maltaise, loin du tumulte moderne, mais à seulement quelques minutes en bateau de La Valette.
L-Isla : Città Senglea ou Città Invicta — La Cité invaincue
Aussi appelée Città Senglea ou Città Invicta, L-Isla doit son surnom à sa résistance héroïque lors du Grand Siège de 1565. À l'origine, elle n'était qu'une petite île — Isola di San Giuliano — avant d'être reliée à la ville voisine de Bormla par un cordon de terre, adoptant ainsi la forme d'une longue péninsule tournée vers La Valette.
Au XVIᵉ siècle, L-Isla formait, avec Bormla, le cœur intellectuel, politique et spirituel de Malte. Son fort, Saint-Michel, la protégea farouchement contre les assauts ottomans. Il n'en subsiste aujourd'hui que les imposants murs de pierre, témoins d'un passé glorieux.
Dès que notre bateau a accosté, nous avons pris sur la droite, en direction de la porte monumentale de l'ancienne cité fortifiée. De là, une agréable promenade nous a menés tout au bout de la péninsule pour profiter d’une vue saisissante sur La Valette, majestueuse, dressée sur son promontoire.
Gardjola Gardens : Ġnien il-Gardjola
Au bout des bastions, nous avons découvert les merveilleux Jardins Gardjola, créés en 1551 par le Grand Maître de La Sengle. Ce petit havre de paix domine la mer et offre un panorama absolument splendide sur le port et sur La Valette.
On y trouve la célèbre tour de guet Il-Gardjola, symbole emblématique de Senglea. Sur ses parois sont sculptés un œil, une oreille et une grue, symboles de vigilance, d’écoute et de protection — des attributs essentiels pour défendre les côtes maltaises à l’époque des invasions.
En revenant vers le centre, nous avons flâné dans les ruelles paisibles et découvert quelques trésors architecturaux :
Après cette belle promenade, nous avons redescendu tranquillement vers le port avant de poursuivre notre découverte des Trois Cités en nous dirigeant vers la magnifique ville fortifiée de Il-Birgu (Vittoriosa).
Il-Birgu : Città Vittoriosa — La Cité victorieuse
Construite autour de l'imposant Fort Saint-Ange, Il-Birgu fut pendant longtemps la véritable puissance maritime de l'île. Lorsque les Chevaliers Hospitaliers arrivèrent à Malte en 1530, ils choisirent Birgu comme capitale de l'Ordre, faisant de cette cité leur centre politique, militaire et spirituel. Toutes les grandes décisions y étaient prises, et c'est depuis ses remparts que l'île fut transformée en forteresse imprenable.
Comme L-Isla, Il-Birgu fut violemment attaquée par les Ottomans lors du Grand Siège de 1565. Ses rues étroites, ses bastions et son fort jouèrent un rôle absolument déterminant dans la résistance maltaise. C'est ici que s'écrivit l'une des pages les plus héroïques de l'histoire de l'île. La cité sortit de cette bataille dévastée mais victorieuse, gagnant à jamais son surnom de Città Vittoriosa.
Aujourd'hui, Il-Birgu est sans conteste la plus belle et la plus fascinante des Trois Cités, et l'un des lieux les plus chargés d'histoire de tout l'archipel. Flâner dans ses ruelles pavées, c'est remonter dans le temps. Derrière chaque façade couleur miel se cache un morceau du passé maltais. Tout y respire l'ancien, le noble, le majestueux.
C'est un véritable musée à ciel ouvert, un endroit unique où l'on ressent encore la présence des Chevaliers, des marins, des artisans et des habitants qui ont façonné cette cité exceptionnelle pendant près de huit siècles.
L'Église Saint-Laurent de Birgu
De style baroque, cette splendide église conventuelle du XVIIᵉ siècle fut, avant même la construction de La Valette, le siège spirituel des Hospitaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle occupe l'emplacement d'une ancienne église bâtie en 1090 sous le règne de Roger Ier de Sicile.
À l'arrivée des Chevaliers en 1530, elle est agrandie… avant de brûler seulement deux ans plus tard. Après l'installation de l'Ordre à La Valette en 1571, elle devient alors l'église des Inquisiteurs.
À l'intérieur, vous serez émerveillé par son plafond richement décoré et ses peintures du maître Paladini. L'autel principal est surmonté d'un chef-d'œuvre monumental : Le Martyre de Saint Laurent, œuvre immense signée Mattia Preti, la plus grande qu'il ait jamais peinte. Une vraie merveille.
Le Fort Saint-Angelo
Tout au bout de la péninsule de Il-Birgu, s'élève l'impressionnant Fort Saint-Angelo, véritable sentinelle dominant l'entrée du Grand Harbour et surveillant les rades voisines.
Ce fort médiéval est mentionné dès 1240 sous le nom de Castrum Maris — le Château de la Mer.
À l'époque, il abritait deux chapelles, une centaine de soldats et même une galère, la Sagittia, avec ses 60 rameurs.
Au fil des siècles, il devient résidence seigneuriale, puis centre de pouvoir.
Lorsque les Chevaliers arrivent en 1530, ils découvrent un fort délabré, qu'ils moderniseront profondément. Ils renforcent ses murailles, ajoutent des bastions et transforment totalement sa silhouette.
Son rôle fut déterminant lors du Grand Siège de 1565 :
Ses canons ont empêché la chute de Senglea en coulant neuf galères ottomanes et en faisant échouer l'une des attaques les plus violentes de l'histoire de l'île.
Dans les années 1680, le fort est entièrement remodelé et acquiert l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. C'est probablement à cette époque qu'il abandonne son ancien nom pour celui de Fort Saint-Ange.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 (En été 17h30) – Prix d'entrée : Adulte 10 € (Enfants de - 6 ans gratuit – Enfants entre 6 et 11 ans 4 € – Séniors et étudiants 6 €)
Ne manquez surtout pas la visite du Palais du Grand Maître, de la Chapelle Sainte-Anne ainsi que des terrasses panoramiques. L'ensemble a été remarquablement restauré et offre l'une des plus belles vues sur La Valette.
En quittant le site, vous longerez les quais de Birgu, parfaits pour une pause déjeuner ou simplement pour savourer
un verre face aux yachts et aux remparts.
Le Palais de l'Inquisiteur
Situé dans la rue principale Triq P. Boffa, ce palais fut construit en 1530 par les Chevaliers Hospitaliers pour abriter un tribunal civil. En 1574, il change de fonction et devient l'un des lieux les plus redoutés de l'île : le siège de l'Inquisition maltaise.
C'est ici que l'on jugeait, torturait et condamnait les hérétiques.
Lorsque les Britanniques prennent le contrôle de l'île, le palais est successivement transformé en hôpital militaire,
puis en mess d'officiers. Délaissé par la suite, il finit par tomber en ruine avant d'être entièrement restauré.
Aujourd'hui, il abrite le Musée ethnographique, où sont reconstitués le Tribunal du Saint-Office, les cellules pénitentiaires et même la salle de torture.
C'est l'un des très rares palais inquisitoriaux encore présents en Europe, et sans doute le mieux conservé.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 – Prix d'entrée : Adulte 6 € (Enfants de - 6 ans gratuit – Enfants entre 6 et 11 ans 3 € – Séniors et étudiants 4,50 €)
Bormla — Città Cospicua — La Cité remarquable
Coincée entre L-Isla et Il-Birgu, Bormla est la troisième des Trois Cités. Plus discrète que ses voisines, elle est pourtant habitée depuis l'époque mégalithique. Trois structures préhistoriques y ont été mises au jour, accompagnées d'objets du quotidien tels que outils, silex et tessons.
On y a même découvert des églises troglodytes, dont une petite chapelle révélée par hasard par des ouvriers qui déblayaient des gravats après la Seconde Guerre mondiale.
Bormla offre moins de sites majeurs que L-Isla ou Il-Birgu, mais flâner dans ses rues reste agréable, ne serait-ce que pour ressentir l'âme authentique de ces quartiers anciens.
L'église Notre-Dame de l'Immaculée-Conception
Posée face au front de mer, cette église fut édifiée au XVIᵉ siècle.
La première construction, datant de 1584, est agrandie en 1637-1638, et ce n'est qu'en 1732 qu'elle est enfin consacrée. En 1828, le pape Pie VII lui accorde le statut collégial.
Miraculeusement, c'est l'un des rares édifices de la ville à avoir échappé aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Son élégance sobre contraste avec les ruelles environnantes, et sa façade couleur miel vaut vraiment un petit arrêt.
Après ces belles visites, nous avons décidé — un peu naïvement — d'aller à pied jusqu'au site des temples mégalithiques de Ħal Tarxien, situé à seulement 2,5 km de Bormla.
Sur le papier, cela semblait parfait…
Dans la réalité : 35 minutes sous un soleil de plomb, en pleine ville, sans le moindre charme particulier sur le chemin. Une marche interminable, monotone et assommante.
👉 Conseil d'ami : ne faites pas comme nous.
Prenez un taxi ou un VTC. Vos pieds vous remercieront.
Ħal Tarxien Temples
Classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO, les quatre temples mégalithiques de Ħal Tarxien datent d'environ
3 000 ans avant J.-C. C'est l'un des ensembles préhistoriques les plus impressionnants de Malte.
Leur découverte remonte à 1914, lorsque des fermiers se plaignaient de tomber constamment sur des pierres gigantesques en labourant leurs champs. Alerté, le directeur du Musée national entreprit des fouilles de 1915 à 1919, révélant une cité cérémonielle d'une importance exceptionnelle.
Parmi les trouvailles :
laissant penser que les lieux servaient à des rituels funéraires accompagnés de sacrifices.
Les sculptures originales, trop fragiles pour rester exposées aux intempéries, ont été transférées au Musée national d'Archéologie. On voit désormais sur le site des moulages, permettant de préserver l'authenticité des volumes sans risquer de détérioration.
Pour protéger les temples, une immense structure textile légère a été installée, offrant ombre et ventilation. Certes, ce n'est pas très photogénique, mais c'est la meilleure solution actuelle pour éviter que ce joyau vieux de cinq millénaires ne s'effrite davantage.
Des passerelles permettent désormais de traverser le site sans abîmer les sols.
La visite est instructive, fascinante et indispensable pour comprendre les origines de Malte.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 – Prix d'entrée : Adulte 6 € (Enfants de - 6 ans gratuit – Enfants entre 6 et 11 ans 3 € – Séniors et étudiants 4,50 €)
Après cette visite passionnante, nous avons repris — encore une fois à pied — le chemin du retour vers Bormla pour récupérer le ferry vers La Valette.
Bilan de la journée : 17 km en sandales de randonnée...
Autant dire que nous sommes rentrés ravis mais épuisés, avec en cadeau une magnifique ampoule en souvenir ! 😂
Où se loger à La Valette ?
Lors de notre visite de La Valette et des Trois Cités, nous avons séjourné trois nuits au Grand Harbour Hotel.
Classé 2 étoiles, cet établissement possède surtout un atout incomparable :
son emplacement. Situé en plein cœur de La Valette, tout est littéralement à portée de main — les arrêts de bus, les restaurants, les commerces et les navettes fluviales. Depuis les chambres, la vue sur le Grand Harbour est tout simplement superbe, surtout au lever ou au coucher du soleil.
La propreté y est irréprochable et le personnel se montre gentil, discret et toujours disponible. Le petit déjeuner, copieux et excellent, est une très belle surprise pour un hôtel de cette catégorie.
Certes, la décoration est un peu désuète, un charme à l'ancienne qui peut surprendre, mais le confort général est largement suffisant pour passer un séjour agréable.
L'hôtel propose également un service de navette vers ou depuis l'aéroport, très pratique : 20 € pour un transfert jusqu'à 4 personnes.
Pour les deux derniers jours, nous sommes descendus à l’Osborne Hotel, un très bon 3 étoiles, idéalement situé lui aussi au cœur de La Valette. L'accueil y est remarquable : un personnel vraiment chaleureux, serviable, attentif… exactement ce que l'on espère trouver lors d'un voyage.
L'hôtel a été rénové avec beaucoup de goût : décoration soignée, ambiance élégante et chaleureuse. Les chambres, confortables et bien pensées, disposent de salles de bain un peu petites mais parfaitement fonctionnelles. Le petit déjeuner buffet, varié et copieux, permet de bien démarrer la journée. Cerise sur le gâteau : sur le toit se trouve une jolie piscine offrant une vue charmante sur les toits et les remparts de la ville. Un petit coin de détente très appréciable après une journée de visites.
Où manger à La Valette ?
Nous avons mangé dans différents restaurants à La Valette, et ce n'est certainement pas le choix qui manque… Mais notre coup de cœur absolu a été le restaurant Ortygia.
Nichée dans une petite ruelle étroite en escalier, cette adresse sicilienne est un véritable trésor caché. Si vous passez quelques jours à La Valette, ne manquez surtout pas ce lieu incontournable.
L'accueil y est chaleureux, presque familial, et la cuisine… un vrai bonheur ! Les plats sont préparés uniquement avec des produits frais, savoureux et de grande qualité. Nous avons opté pour la planche de dégustation pour deux, le Spécial Ortygia, et sincèrement : je vous la recommande les yeux fermés. C'est un festival de saveurs, un condensé de Sicile qui vous transporte dès la première bouchée.
⚠️ Attention : pensez absolument à réserver !
Le restaurant est tout petit, rempli de charme, et il affiche très souvent complet tant il a du succès.
Le troisième jour de nos vacances sur l'île de Malte, nous nous sommes rendus à l'aéroport international pour récupérer le véhicule que nous avions réservé.
Notre road trip de 10 jours commençait enfin !
Et pour bien débuter ce périple, nous avons choisi un site absolument incontournable : l’Hypogée de Ħal Saflieni, l'un des joyaux archéologiques les plus fascinants de l'île.
⚠️ Important : la visite doit impérativement être réservée plusieurs jours — voire plusieurs mois — à l'avance en pleine saison. Seulement 80 personnes par jour, réparties en groupes de 10, sont autorisées à pénétrer dans ce sanctuaire souterrain exceptionnel.
À l'entrée, il vous faudra déposer vos sacs, téléphones et appareils photos dans des casiers sécurisés. L'accompagnateur remet ensuite à chaque visiteur un audio-guide pour suivre la visite dans sa langue.
La découverte commence par une première salle où se trouve une exposition permanente retraçant l'histoire du site et quelques artefacts retrouvés sur place. Dans la seconde salle, un documentaire très instructif raconte la découverte de l'Hypogée et les fouilles successives qui ont permis de révéler ce trésor préhistorique unique au monde.
Puis vient enfin le moment tant attendu : une fois le groupe complet, les portes s'ouvrent, et vous commencez à descendre lentement dans les entrailles de l'Hypogée, un univers souterrain vieux de plus de 5 000 ans…
Hypogée de Ħal Saflieni Site coup de cœur
C'est le plus ancien exemple d'hypogée préhistorique connu au monde. En Europe, il s'agit même du seul labyrinthe souterrain datant de 4000 à 2500 av. J.-C., et son remarquable état de conservation en fait l'un des monuments les plus importants de la préhistoire humaine.
L'Hypogée est une véritable nécropole, un ensemble de salles creusées à même la roche et reliées entre elles par
des passages, des galeries et de petits escaliers.
Le site fut découvert par hasard en 1902 : des ouvriers qui creusaient une citerne pour une maison construite
au-dessus donnèrent un coup de pioche un peu trop appuyé… et percèrent accidentellement le plafond d'une des chambres souterraines. Une ouverture vers un monde oublié depuis des millénaires venait d'être révélée.
Très vite, des fouilles furent entreprises. Entre 1903 et 1906, le Père Magri mena des recherches intensives, mais il mourut malheureusement avant d'avoir pu publier l'intégralité de ses découvertes. Ce n'est qu'en 1952 que les excavations reprirent et permirent enfin de comprendre l'ampleur de ce complexe troglodytique absolument unique.
On sait aujourd'hui que plusieurs siècles furent nécessaires pour creuser ce sanctuaire souterrain de 500 m², étalé sur trois niveaux et descendant jusqu’à 11 mètres sous terre. Les bâtisseurs préhistoriques y travaillèrent avec de simples outils en pierre dure, un exploit incroyable lorsque l'on se retrouve face à la finesse de certaines chambres. L'Hypogée servait à la fois de lieu de culte et de nécropole : on y a découvert les restes de plus de 7 000 individus, inhumés avec leurs poteries, bijoux et objets du quotidien.
Certaines salles présentent encore des décors peints en ocre rouge, représentant des spirales, alvéoles et motifs géométriques. Ce sont les seules peintures murales préhistoriques découvertes aux îles maltaises. Leur état de conservation est exceptionnel, et l'émotion est réelle lorsqu'on se retrouve face à ces traces laissées par des hommes vivant il y a plus de 5 000 ans.
De nombreuses statuettes, amulettes, vases et figurines ont été mises au jour. Parmi elles, deux divinités particulièrement remarquables, dont l'une est devenue emblématique : la célèbre “Femme Endormie”, paisiblement allongée sur le côté. Cette petite sculpture fascinante, d'une délicatesse incroyable, est aujourd’hui exposée au Musée archéologique de La Valette.
La femme endormie L'Hypogée de Ħal Saflieni
© Photo de Wilkipédia © Photo de Damien ENTWISTLE
Dans les années 1990, les maisons situées directement au-dessus du site ont été acquises et démolies. Les niveaux
de lumière à l’intérieur du site sont strictement contrôlés et le nombre de visiteurs est limité. Ces mesures ont contribué à maintenir des niveaux de température et d’humidité stables, qui continuent d’être étroitement suivis.
Informations : Horaires : 9h - 17h – Prix d'entrée : Adulte 35 € (Interdit aux enfants de - 6 ans – Enfants entre 6 et 11 ans 15 € – Séniors et étudiants 20 €) – Temps de visite : 50 mn
Lien de réservation :
Après cette visite passionnante, nous avons repris la voiture pour descendre vers le Sud de l'île, en direction des villages de Marsaskala et Marsaxlokk.
Marsaskala
Cette petite ville authentique de pêcheurs, très pittoresque, se situe au Sud de Malte. Caractérisée par sa quiétude et son atmosphère détendue, elle représente parfaitement l'âme des villages maltais.
Sa baie abrite les emblématiques luzzu, ces petits bateaux traditionnels en bois, peints de couleurs vives et ornés à la proue du célèbre œil d’Isis, censé protéger les pêcheurs des colères de la mer.
Comme toutes les villes maltaises dont le nom commence par Marsa, signifiant port en arabe, Marsaskala se trouve au fond d'une baie naturellement protégée, idéale pour l'amarrage des bateaux. D'ailleurs, de nombreuses villes portuaires en Méditerranée portent ce même héritage linguistique, comme… Marseille ! 😜
Marsaxlokk
Marsaxlokk est l'une des villes les plus charmantes de k'île, animée, colorée et pourtant encore préservée des constructions modernes qui ont envahi d'autres zones balnéaires.
Son front de mer pittoresque, bordé de terrasses, et son adorable port de pêche forment un tableau typiquement maltais, absolument incontournable lors de votre séjour.
Les habitants sont fiers de rappeler que leur village possède la plus grande flotte de bateaux de pêche encore en activité ainsi que le plus grand marché hebdomadaire de tout l'archipel !
Chaque dimanche matin, dès l'aube, la ville s'anime : c'est l'effervescence du marché alimentaire. Les Maltais viennent y acheter poissons, fruits, légumes et spécialités locales à des prix imbattables.
Les étals, les cris des marchands, les couleurs des luzzu et l'odeur du poisson fraîchement pêché créent une
ambiance unique et authentique.
On y voit des dizaines de luzzu amarrés, tous peints selon un code couleur traditionnel, transmis de génération en génération.
C'est aussi une étape idéale pour déjeuner, car vous y trouverez de nombreux restaurants de poissons qui longent les quais. Les produits y sont frais, souvent pêchés le matin même : un régal !
À trois kilomètres de Marsaxlokk se trouve la célèbre piscine naturelle de Saint-Pierre.
St. Peter's Pool
Située à l'extrême Sud-Est de l'île, St. Peter’s Pool est une magnifique crique naturelle formée dans la roche calcaire, sculptée au fil des siècles par l'érosion. Ses eaux cristallines d'un bleu hypnotisant en font l'un des lieux les plus étonnants de Malte.
Pour y accéder, il faut emprunter la route étroite Triq Delimara jusqu"au panneau indiquant la plage. Tournez ensuite à gauche sur un chemin de terre assez chaotique qui mène au parking. Puis un petit sentier descend vers la crique.
En arrivant, vous découvrirez un décor brut, sauvage, où la mer et le vent ont dicté leur loi.
C'est l'endroit idéal pour bronzer, se baigner et profiter d'une journée tranquille au bord de l'eau. Lorsque la mer est calme, on peut plonger à volonté dans cette eau limpide. Mais attention : les jours de grand vent, les vagues deviennent dangereuses et il est impératif de vérifier la présence éventuelle de méduses avant de sauter !
Pour les plus téméraires, plusieurs hauteurs permettent d'effectuer des plongeons ; pour les autres, des échelles facilitent l'accès à la mer.
St. Peter’s Pool est très prisée des Maltais comme des touristes. Attendez-vous donc à croiser beaucoup de monde, surtout en haute saison !
À savoir : Si vous longez la crique sur sa droite, vous arriverez sur une vaste plateforme naturelle, vestige d'anciens marais salants.
Aujourd'hui, ils ont presque disparu, laissant de multiples trous d'eau où se reflète le bleu intense du ciel.
Le lieu est grandiose et presque irréel.
Vous y verrez d'énormes blocs rocheux posés là, comme échoués, sur une surface trouée par l'érosion qui rappelle un fromage… un paysage unique et très photogénique.
Les Stars de St. Peter's Pool
Très souvent, un habitant du coin, Carmelo, vient avec son chien Titti. Tous deux sont célèbres dans la région.
Ce petit Jack Russell, intrépide, effectue des plongeons spectaculaires depuis plusieurs mètres de hauteur, aboyant de joie avant de se jeter à l'eau.
Il attend que son maître se prépare et saute avec lui du haut des rochers.
Un vrai numéro qui attire autant les sourires que les applaudissements !
Lien de la vidéo : Marc Cassar / Barcroft Media
Après cette agréable pause, l'heure tournant, nous avons pris la route du Sud-Ouest en direction du petit port de
Wied iż-Żurrieq, point de départ pour la visite de la célèbre Blue Grotto.
Juste avant de tourner pour descendre vers le port, vous devez vous arrêter au parking panoramique Blue Wall and Grotto Viewpoint.
Un mini-sentier vous mènera à un point de vue exceptionnel, offrant une perspective plongeante sur la Blue Grotto. C'est un endroit parfait pour de magnifiques photos.
Blue Grotto
La Grotte Bleue est une splendide grotte marine dominée par une arche naturelle de 43 mètres de longueur et près de 40 mètres de profondeur. Elle est reliée à six autres cavités sous-marines qui forment un ensemble spectaculaire.
Située près du hameau de Wied iż-Żurrieq, sur la côte Sud-Ouest, elle est réputée pour la transparence absolue de son eau, changeant du bleu électrique au vert turquoise selon la lumière.
L'histoire raconte que, dans les années 1950, des Anglais résidant sur l'île demandèrent aux pêcheurs de les
emmener faire un tour en mer pour observer cette merveille. Face à la demande croissante, un encadrement strict fut mis en place : contrôle des moteurs hors-bord, des équipements de sécurité, permis, licences…
En 1964, 59 licences furent accordées. Aujourd'hui encore, l'organisation est parfaitement rodée : maximum 25 bateaux par jour, plus trois bateaux de sécurité.
La visite se fait en frejgatina, un petit bateau traditionnel maltais. Nous étions six touristes à bord, casqués de nos gilets de sauvetage, pour environ 30 minutes de navigation afin de découvrir cette merveille naturelle.
Lorsque la lumière pénètre dans les grottes, les parois et les fonds marins se parent d'une luminosité surnaturelle. C'est un moment magique, presque féerique.
Informations : Horaires : 9h - 17h (15h30 en hiver) – Prix ticket : Adulte 8 € – Enfants 4 € – Temps de navigation :
30 mn
Après cette superbe balade en bateau, nous avons repris la route pour la dernière visite de la journée.
Direction les temples de Ħaġar Qim et de Mnajdra.
Les Temples de Ħaġar Qim et de L-Mnajdra
Ces deux temples, situés près de la ville de Qrendi, se dressent sur une colline dominant la mer.
Ils sont tous deux inscrits depuis 1992 sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
Comme le site de Ħal Tarxien, ils ont été recouverts d'une immense bâche de protection afin de limiter leur détérioration et de les préserver du soleil et des intempéries. Même si ce n'est pas très esthétique, cela permet de sauvegarder ces monuments de plus de 5 000 ans.
Ħaġar Qim Temple
Ce site exceptionnel est composé de quatre temples s'échelonnant sur près d'un millénaire, entre 3600 et
2500 av. J.-C., période connue sous le nom de phase Ġgantija dans la préhistoire maltaise.
Connu depuis le XVIIe siècle, il n'a jamais été entièrement enseveli : les pierres les plus hautes sont restées visibles malgré les siècles.
Les premières fouilles datent de 1839, et une campagne de restauration a eu lieu entre 1947 et 1950.
Le site se compose d'un bâtiment central monumental, entouré de vestiges d'au moins deux autres temples.
À l'extérieur, certains mégalithes sont parmi les plus imposants jamais utilisés dans l’archipel :
• une pierre de 5,20 mètres de haut,
• un mégalithe de près de 20 tonnes.
Une architecture colossale lorsque l'on pense que tout fut construit avec de simples outils en pierre !
Le bâtiment principal est organisé autour d'une série de pièces en forme de C, appelées absides.
Dans l'une d'elles se trouve un trou elliptique aligné précisément avec le lever du soleil au solstice d'été.
Le premier matin de l'été, les rayons du soleil traversent ce trou et viennent délicatement éclairer une dalle de pierre située à l'intérieur.
Un phénomène fascinant, témoignant des connaissances astronomiques surprenantes de cette civilisation préhistorique.
L-Mnajdra Temple
Situé à environ 500 mètres des temples de Ħaġar Qim, Mnajdra est l'un des ensembles religieux les plus anciens au monde. Construit au IVᵉ millénaire av. J.-C., ce site exceptionnel fascine par son âge, son architecture et sa précision astronomique.
Le complexe se compose de trois temples faisant face à un parvis ovale commun :
c’est l’un des temples les mieux conçus de toute l’archéologie maltaise.
Les vestiges situés au Nord-Est et au Sud du complexe montrent que ces trois temples ne sont que les éléments les mieux conservés d'un ensemble bien plus vaste, aujourd'hui disparu.
Mnajdra est particulièrement remarquable pour son alignement solaire : lors des équinoxes, le soleil pénètre l'entrée principale et éclaire précisément certaines pierres de son sanctuaire. Une prouesse incroyable pour une civilisation préhistorique…
Pour accéder aux temples, il faut suivre un chemin en béton d'environ 500 mètres.
La descente est facile, même sous un soleil écrasant… mais la remontée, elle, se mérite ! 😜
Heureusement, tout a été pensé pour les visiteurs : une petite voiturette de golf vous ramène au sommet pour seulement 1 € par personne. Une aide bienvenue après une visite aussi riche !
Informations : Horaires : 9h - 16h30 – Prix d'entrée : Adulte 10 € (Gratuit pour les enfants de - 6 ans – Enfants entre
6 et 11 ans 5,50 € – Séniors et étudiants 7,50 €)
Prochaine escale : L-Imdina, la ville silencieuse
Nous reprenons la route en direction du Nord, impatients de découvrir Mdina, l'ancienne capitale médiévale de Malte, surnommée la ville silencieuse, ainsi que sa voisine Rabat.
Un lieu majestueux, fortifié, plein de charme et d'histoire… et l'une des localités les moins peuplées du pays.
Mdina — L-Imdina ou Città Notabile — Cité notable Ville coup de cœur
Située au centre de l'île de Malte et fondée par les Phéniciens il y a plus de 3 000 ans, Mdina est l'une des cités les plus anciennes et les plus emblématiques de l'archipel. Autrefois, Mdina et sa voisine Rabat ne formaient qu'une seule et même ville. Ce sont les Arabes, lorsqu'ils s'installèrent à Malte, qui décidèrent de les séparer en creusant un profond fossé défensif entre les deux localités.
Aujourd'hui encore, Mdina ne compte qu'environ 300 habitants, dont beaucoup sont issus des anciennes familles nobles maltaises. Ils entretiennent avec soin et passion les superbes palais qui font la renommée de cette cité unique, véritable musée à ciel ouvert.
Mdina dégage une atmosphère calme, mystérieuse et presque irréelle. Rien à voir avec les villes animées du pays…
Ici, tout n'est que silence, raffinement et élégance. Ses ruelles étroites, parfaitement restaurées, serpentent entre des palais médiévaux, des résidences renaissance, de magnifiques églises baroques et d'imposantes fortifications qui dominent la campagne environnante.
Son histoire est un véritable voyage dans le temps, façonné par toutes les civilisations qui se sont succédé au fil des siècles :
Phéniciens, Carthaginois, Romains, Byzantins, Arabes, Normands, Français, Anglais… tous ont laissé leur empreinte. La première mention écrite de Mdina remonte à 350 av. J.-C. À l'époque romaine, elle portait le nom de Melita, avant d'être rebaptisée Mdina, « la ville », par les Arabes.
Marcher dans Mdina, c'est remonter les siècles. Chaque porte, chaque façade, chaque ruelle raconte une histoire. C'est une ville hors du temps, magique, noble, intimiste, et, pour beaucoup de voyageurs, l'un des plus beaux souvenirs de Malte.
La porte principale de Mdina et ses remparts
Avant même de pénétrer dans la cité, prenez le temps d'admirer la porte principale de Mdina, l'une des plus belles de l'île, ainsi que ses puissants remparts. Ce sont d'abord les Arabes qui ont fortifié la ville, puis les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean qui ont continué l'ouvrage.
Pour différencier facilement ce que chacun a construit, il suffit d'observer la structure :
Une fois franchis les remparts, Mdina dévoile ses trésors…
Le Palais Vilhena
Juste à droite en entrant dans la cité, vous tomberez sur ce superbe palais du XVIIIe siècle, construit en 1730. C'est l'un des plus beaux exemples d'architecture baroque française à Malte, introduite à l'époque des Grands Maîtres.
Situé sur St Publius Square, à l'emplacement de l'ancienne Université médiévale, il abrite aujoud'’hui le Musée national des Sciences naturelles. Vous pourrez y découvrir une étonnante collection d'insectes, de mammifères exotiques, d'oiseaux, de coquillages et de faune marine.
La Tour de l’Étendard
Également sur St Publius Square, cette tour servait autrefois de tour de guet pour alerter la population en cas d'attaque : on y allumait un grand feu visible de loin.
Aujourd'hui, elle accueille l'Office du tourisme de Mdina.
La Cathédrale Saint-Paul et son musée
Sur la place du même nom se dresse la majestueuse Cathédrale Saint-Paul, symbole spirituel de la cité. Construite sur les ruines d'une ancienne église médiévale, elle fut en partie détruite lors du terrible tremblement de terre de 1693, puis entièrement reconstruite dans un magnifique style baroque maltais.
À l'intérieur, vous serez impressionnés par :
Juste en face, son musée présente des collections romaines, des œuvres d'art, des documents de l'époque de l'Inquisition, ainsi qu'une riche collection de pièces anciennes.
Informations : Horaires : 9h30 - 16h30 (Samedi 9h30 - 15h30) – Prix d'entrée : Adulte 5 € (Gratuit pour les enfants de - 12 ans – Séniors et étudiants 3,50 €)
L'église de l'Annonciation de Notre-Dame
Édifiée entre 1660 et 1675, cette église carmélite remarquable est construite sur un plan elliptique, rare à Malte. C’est ici même que débuta l’insurrection contre l’occupation française en 1800.
À l'intérieur, la peinture occupe une place essentielle :
Le Palais Falson
Aussi appelé Maison normande, c’est l'un des plus beaux bâtiments médiévaux de Mdina et certainement le mieux conservé. Construit en 1495, il abrite aujourd'hui un musée fascinant renfermant :
• peintures,
• argenteries,
• meubles,
• bijoux,
• tapis,
• armes orientales,
• raretés et objets du quotidien d’autrefois.
Ne manquez pas son café sur le toit, offrant l'une des plus belles vues panoramiques sur l'île.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 (dernière entrée 15h30 - Fermé dimanche et lundi) – Prix d'entrée : Adulte 10 € (Interdit aux enfants moins de 5 ans – Gratuit pour les enfants de - 12 ans – Séniors et étudiants 5 €)
Le Palazzo de Piro
Construit au XVIIe siècle, c'est une extension de la cathédrale. Ce superbe palais baroque abrite un musée très original, consacré aux outils traditionnels utilisés par les artisans maltais depuis des siècles.
Plus de 1 700 objets sont exposés, tous plus insolites ou rares les uns que les autres.
Le lieu est également parfait pour une pause-café ou un déjeuner, avec une vue magnifique sur les plaines maltaises.
Entrée gratuite.
Le Viewpoint
Au bout de la cité, une petite terrasse vous offre un superbe panorama sur tout l'Est de l’île.
De là, vous pourrez admirer Mosta au premier plan, et un peu plus loin, légèrement sur la droite, la silhouette élégante de La Valette.
Un endroit idéal pour faire une pause et profiter du calme absolu de Mdina.
Où se loger à Mdina et Rabat ?
Nous avions réservé au Point de Vue Guest House, situé à Rabat, à seulement deux minutes à pied de la porte principale de Mdina.
Cette belle demeure pittoresque, datant du XVIIe siècle, est tenue par une famille maltaise et dégage un charme authentique.
C'est une adresse idéale pour découvrir Mdina et Rabat sans avoir à reprendre la voiture.
Les chambres sont très bien décorées, confortables, et l'accueil est chaleureux, souriant et attentif.
La maison d'hôtes dispose également d'un restaurant, où nous ne sommes pas allés dîner, mais le petit déjeuner, copieux et très bon, nous a parfaitement convaincus.
Un très bon rapport qualité/prix. Je recommande !
Où se restaurer à Mdina et Rabat ?
Le soir, nous avons décidé de tester le restaurant The Fork and Cork, sans réserver…
Heureusement, ils ont réussi à nous trouver une table malgré une salle bondée. Je vous conseille vivement de réserver à l'avance, car c'est une adresse très prisée.
La carte n'est pas immense, mais chaque plat est préparé avec une qualité irréprochable.
C'est une cuisine raffinée, inventive, et franchement délicieuse.
Le restaurant était complet ce soir-là, ce qui a légèrement allongé le
service, mais cela n'a en rien gâché notre soirée : tout ce que nous avons goûté était excellent.
Le lendemain matin, nous sommes partis visiter quelques sites incontournables de Rabat, la petite sœur animée de Mdina, riche en histoire et en traditions.
Rabat — Ir-Rabat
Lorsque les musulmans se sont emparés de Malte, ils ont divisé la grande ville de Mdina en deux entités séparées par un fossé : Mdina, la cité fortifiée, et Rabat, sa banlieue. Ils trouvaient l'ensemble trop vaste pour être défendable. Aujourd'hui, Mdina ne compte qu'environ 300 habitants, tandis que Rabat en abrite près de 11 000.
Rabat est surtout connue pour ses catacombes de Saint-Paul et de Sainte-Agathe. À l'époque romaine, il était considéré comme impur d'enterrer les morts au sein de la ville : les sépultures se situaient donc en périphérie de Melite, l'ancienne ville romaine. Les quartiers actuels de Mdina et de Rabat sont construits directement au-dessus de cette cité antique.
L'église paroissiale Saint-Paul de Rabat
Située juste au-dessus de la grotte de saint-Paul, cette église baroque est l'un des lieux de pèlerinage les plus importants de l'île. Inscrite à l'Inventaire national des biens culturels de Malte, elle a été élevée au rang de
basilique mineure en 2020 par le pape François.
Construite entre 1664 et 1683 sur les vestiges d'une ancienne église médiévale, elle abonde en autels, en statues et en peintures d'artistes majeurs des XVIIIe et XIXe siècles. Le Grand Maître Adrien de Wignacourt y établit une fondation collégiale destinée au clergé.
Sous l'église se trouve la grotte de saint-Paul. Selon la tradition, c'est ici que l'apôtre aurait vécu, enseigné et célébré la messe durant les trois mois qu'il passa sur l'île après son naufrage en 60 apr. J.-C.
Pour visiter la grotte, il faut passer par le Musée Wignacourt, situé juste à côté.
Le Musée Wignacourt
Installé dans un superbe bâtiment baroque du XVIIIe siècle, ce musée abritait autrefois les aumôniers de l'Ordre de Saint-Jean. Il doit son nom au Grand Maître Alof de Wignacourt (1601–1622).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'édifice servit tour à tour d'école, d'infirmerie et de centre paroissial.
Le musée renferme une belle collection d'art religieux : peintures de Mattia Preti, Antoine de Favray et Francesco Zahra, sculptures, argenterie ancienne, reliques, monnaies, livres rares, cartes et estampes.
C'est également le point d'accès à la grotte de saint-Paul et aux galeries souterraines.
En empruntant le dédale d'allées étroites creusées dans la roche, vous traverserez des tombes puniques, romaines et chrétiennes, parfois encore ornées de fragments d'ossements. Vous verrez aussi des abris anti-aériens où des familles maltaises se réfugièrent durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
Informations : Horaires : 9h30 - 17h (tous les jours) – Prix d'entrée : Adulte 5 € (Gratuit pour les enfants de - 6 ans – Enfants entre 7 et 11 ans 2,50 € – Séniors et étudiants 3,50 €)
L'église Saint-Agathe, sa Crypte et ses catacombes Site coup de cœur
Construite en 1504 en l'honneur de Dieu et de Sainte-Agathe, cette minuscule église de 11 m² fut agrandie en 1670 pour devenir l'édifice que l'on connaît aujourd'hui.
La Crypte et les Catacombes
Dans la cour, un escalier descend vers les catacombes. La visite, obligatoirement guidée, dure environ 30 minutes
et se fait en petit groupe.
Les photos y sont interdites, et lorsque l'on découvre la fragilité et la beauté du lieu, on comprend immédiatement pourquoi.
La crypte abrite une petite chapelle décorée d'une vingtaine de fresques, dont certaines datent du XIIe et du XVe siècle. Le guide explique l'histoire fascinante de ces galeries souterraines qui s'étendent sur plus de 4 000 m².
Vous verrez :
• des niches funéraires pour familles entières,
• des tombes individuelles,
• des sépultures d’enfants (plus de 200),
• des tombes rupestres semblables à de grandes baignoires,
• des salles réservées aux familles les plus aisées.
En remontant à la surface, un petit musée présente les artefacts découverts dans ces lieux.
📌 À voir absolument !
La visite étant très demandée, il est conseillé de réserver.
Informations : Horaires : 10h - 17h30 (Juillet et août) 9h - 16h30 (Le reste de l'année) Samedi 9h - 12h30 – Prix d'entrée : Adulte 5 € (Gratuit pour les enfants de - 6 ans – Enfants entre 6 et 11 ans 2 € – Séniors et étudiants 4 €)
Les Catacombes de Saint-Paul
C'est l'un des complexes funéraires les plus vastes et impressionnants de Malte.
Ces catacombes romaines, juives et chrétiennes datent du IIe au Ve siècle et furent utilisées jusqu’au XIIIe siècle.
Situées à la périphérie de Melite (l'ancienne Mdina), elles constituent la plus ancienne preuve archéologique du christianisme sur l'île.
Le complexe couvre plus de 2 000 m² et comporte plus de 30 hypogées interconnectés.
Taillées dans la roche, les tombes présentent une grande diversité :
L'entrée se trouve dans la même rue que celle de Sainte-Agathe, sur le trottoir d'en face.
Des audioguides sont fournis gratuitement.
Informations : Horaires : 10h - 16h30 – Prix d'entrée : Adulte 6 € (Gratuit pour les enfants de - 6 ans – Enfants entre
6 et 11 ans 3,50 € – Séniors et étudiants 4,50 €)
Après la visite de tous ces sites incontournables, en début d'après-midi, nous avons repris la voiture pour rejoindre la côte Ouest en direction de Il-Ġnejna Bay, où nous avions prévu de faire une petite randonnée.
Sur la route, nous avons décidé de faire une halte dans la ville de Mosta afin de visiter sa célèbre rotonde.
Mosta — Il-Mosta
La ville de Mosta est située le long de la route principale qui traverse l'île, de La Valette jusqu'au port de Ċirkewwa,
au cœur d'une vaste plaine entourée de terres agricoles fertiles.
Mosta connaît un développement constant : de nouveaux bâtiments y surgissent presque chaque jour, et sa communauté d'affaires est en plein essor. Sa population figure parmi les plus élevées de l'archipel maltais, notamment grâce aux nombreux lotissements construits ces dernières décennies.
Nous souhaitions nous arrêter à Mosta pour visiter son monument emblématique : la fameuse Rotonde de Mosta.
L’église Sainte-Marie de l’Assomption (La Rotonde de Mosta)
Construite au XIXe siècle, cette majestueuse église paroissiale possède l'un des plus grands dômes du monde.
Son diamètre intérieur de 37,2 mètres a été inspiré du Panthéon de Rome. Les murs de la rotonde, épais de plus de
9 mètres, ont été édifiés pour supporter le poids colossal du dôme.
Les travaux débutent en mai 1833 et s'achèvent dans les années 1860. Fait exceptionnel : l'église d'origine est conservée, et la nouvelle structure est construite autour, permettant ainsi aux paroissiens d'assister aux offices tout au long du chantier. L'église est consacrée le 15 octobre 1871.
En 2020, elle a été élevée au rang de basilique mineure par le pape François.
Un miracle pendant la Seconde Guerre mondiale
L'église échappe de justesse à la destruction le 9 avril 1942, lorsqu'une bombe de 500 kg larguée par la Luftwaffe transperce le dôme… sans exploser.
Plus de 300 fidèles assistaient alors à la messe. Contre toute attente, il n'y eut aucun blessé : un événement que les habitants qualifient encore aujourd'hui de miraculeux.
La bombe, désamorcée depuis longtemps, est désormais exposée dans l'église en souvenir de ce jour incroyable.
Informations : Horaires : 9h30 - 17h30 (Samedi 9h30 - 16h30 et dimanche 12h - 16h30) – Prix d'entrée : 2 € et 3 € si vous voulez aller sur le portique et entrer dans la galerie intérieure.
Il-Ġnejna Bay
Cette superbe baie est une destination touristique populaire située à environ 1 km du village de Mġarr, sur la côte Ouest de Malte. La plage qui entoure la baie est principalement sablonneuse. Une bande de rivage isolée, nichée sous les falaises abruptes au Nord, est connue pour être une plage naturiste — bien que cette pratique reste techniquement illégale à Malte et assez mal vue par une partie de la population, majoritairement catholique et conservatrice.
Ġnejna Bay est remarquable pour ses pentes argileuses, ses falaises calcaires impressionnantes, et pour la tour de guet Torri ta’ Lippija qui domine la baie depuis son promontoire.
Nous avons emprunté un petit sentier pour descendre jusqu'à la plage naturiste. Le début est facile, mais dès que l'on s'approche des abords de la falaise, les choses se compliquent…
Le parcours devient plus aventureux, parfois glissant, et sûrement pas adapté à ceux qui souffrent de vertige.
Mais l'effort est récompensé : la vue est magnifique, l'eau y est cristalline avec un dégradé de bleu absolument somptueux.
À proximité, un petit parking est surveillé par un gardien : comptez 0,50 € ou 1 € pour qu'il garde un œil sur votre véhicule.
Sur place, deux petites cabanes proposent salades, hamburgers-frites ou poulet-frites. Une petite boutique loue également paddles et canoës pour explorer la baie.
Avant de poursuivre notre route plus au Nord-Est vers la ville de Mellieħa, où nous devions passer trois nuits, nous nous sommes arrêtés pour aller voir la tour de guet Għajn Tuffieħa.
Depuis ce point de vue, vous aurez une très belle vue sur la Méditerranée et vous dominerez la grande plage de sable doré de Għajn Tuffieħa, aussi appelée Riviera Beach.
Mellieħa — Il-Mellieħa
La ville balnéaire de Mellieħa est perchée sur la colline du même nom et domine la superbe baie de Mellieħa, célèbre pour abriter l'une des plus grandes plages de Malte : la plage de Għadira.
Cette localité est habitée depuis le Néolithique. À l'époque byzantine, la grotte de Calypso, située dans les falaises
qui entourent la ville, servait d'habitation. La région fut ensuite désertée après la conquête arabe de 870, probablement en raison des fréquents raids de corsaires.
Lorsque l'île fut cédée aux Chevaliers Hospitaliers en 1530, Mellieħa devint l'une des colonies qu'ils établirent. Ils y construisirent des fortifications ainsi qu'une église : le Sanctuaire de Notre-Dame de Mellieħa, qui devint rapidement l'un des lieux les plus vénérés de Malte.
Depuis, la ville a bien changé, mais elle a su conserver tout son charme pittoresque. Elle constitue également un excellent point de départ pour la découverte de nombreux sites d'intérêt situés dans le nord de l'île.
L'église paroissiale de la Nativité de la Vierge Marie de Mellieħa
L'église paroissiale de Mellieħa, de rite catholique romain, fut construite entre 1881 et 1898. Le dôme et les clochers furent ajoutés plus tard, entre 1920 et 1940, et l'ensemble fut complété par cinq cloches en fonte importées de Milan.
Son intérieur abrite notamment des œuvres du célèbre peintre maltais Giuseppe Calì.
Dominant la ville depuis son promontoire, le parvis offre une vue splendide qui s'étend jusqu'à Gozo par temps clair.
Le Sanctuaire de Notre-Dame de Mellieħa
Située dans une petite cour, un peu en retrait de l'église paroissiale, cette modeste mais profonde église catholique est le plus ancien sanctuaire de l'île dédié à la Vierge. Très populaire, elle fut régulièrement agrandie et modifiée du XVIe au XVIIIe siècle.
La sacristie regorge d'objets sacrés, d'ex-voto et d'offrandes témoignant de la foi et des prières des Maltais adressées à Notre-Dame. Les statues de Sainte-Anne et de Saint-Paul, datant du XIXe siècle, comptent parmi les éléments les plus remarquables.
Sous le sanctuaire se trouve une crypte. Selon la légende, la fresque de style byzantin qui orne la grotte aurait été peinte par Saint-Luc lui-même, lors de son séjour sur l'île après le naufrage de Saint-Paul. Les études récentes situent toutefois sa création plutôt au XIIIe siècle…
Le sanctuaire fut finalement béni par le pape Jean-Paul II lors de sa visite sur l'île, le 26 mai 1990.
La tour Sainte-Agathe — Torri ta 'Sant'Agata — plus communément appelée La Tour Rouge
Située en périphérie de la ville de Mellieħa, elle fait partie des nombreuses tours de guet — les Tours de Lascaris — que l'on trouve tout autour des îles maltaises, mais c'est la seule à arborer cette couleur rouge si caractéristique.
Construite entre 1647 et 1649, elle domine le port naturel de Mellieħa et offre une vue stratégique parfaitement dégagée sur les détroits de Comino et de Gozo.
La tour servait autrefois de poste de communication entre les îles et pouvait accueillir jusqu'à 49 soldats lors des périodes de troubles. À l'époque des Chevaliers, cinq canons étaient installés sur le toit, orientés dans toutes les directions. Approvisionnée en munitions et en vivres, la garnison pouvait tenir jusqu’à 40 jours en cas de siège.
Elle protégeait essentiellement le commerce entre les îles des attaques fréquentes des corsaires et des Ottomans.
À l'intérieur, on découvre deux grandes salles voûtées ainsi que quatre tourelles positionnées aux angles. À droite de l'entrée, un escalier en colimaçon vous conduit jusqu'au toit… et de là, la vue à 360° sur toute l'île est absolument splendide.
Informations : Horaires : 10h - 17h (Fermé le dimanche) – Prix
d'entrée : 2 €
Vous pouvez continuer à pied sur le sentier en direction de la station météo.
Vous passerez près d'un beau point de vue sur la côte Ouest (20 mn à pied aller/retour).
Il s'appelle The Bench (Le Banc) d'où la vue est incroyable. Il y avait un banc de marbre blanc placé face à la mer et des falaises de Mellieħa. Il avait été offert et érigé à la mémoire d'une épouse décédée, par son mari. Malheureusement, il a été vandalisé et il n'en reste que quelques
morceaux. 😩
Nous avons repris la voiture et nous sommes partis vers la Baie d'Anchor.
Anchor Bay — Popeye Village — Sweethaven village
Connue sous le nom de Popeye Village, cette baie pittoresque a servi de lieu de tournage au film musical Popeye, sorti en 1980, avec Robin Williams dans le rôle du célèbre marin amateur d'épinards.
Pour les besoins du film, un véritable village a été construit de toutes pièces : une vingtaine de maisonnettes bancales en bois, toutes très colorées, afin de reproduire fidèlement l'univers de la bande dessinée.
Pour édifier ce décor unique, 165 personnes ont travaillé durant sept mois. Dix-neuf bâtiments composent le village, et les travaux ont été colossaux.
Les rondins et les planches ont été importés des Pays-Bas et les bardeaux du Canada. Ils ont dû créer une route d’accès ainsi qu’un brise lame pour protéger les constructions de la marée. Il a fallut 8 tonnes de clous et 7 500 litres de peinture.
Après le tournage, au lieu de démolir le décor comme cela se fait habituellement, il a été décidé de le conserver. Le village a ainsi été transformé en un petit parc à thème, aujourd'hui l'une des attractions les plus insolites et photogéniques de Malte.
Sur le côté gauche de la baie se trouve également une grotte appelée Scorpion Cave. Son entrée est totalement immergée sur les premiers mètres. Les plongeurs peuvent toutefois accéder à la grotte par une autre ouverture et profiter alors d'une vue spectaculaire sur son intérieur.
Informations : Horaires : 10h - 18h (Juillet et août) – 9h - 16h30 (Novembre à février) – 9h - 7h30 (Mars à juin et Septembre à Octobre) – Prix d'entrée : 18 € (Enfants entre 3 à 12 ans : 14 €)
Si, comme nous, vous n'êtes pas particulièrement tentés par une visite dans ce parc d'attractions, vous pouvez simplement monter jusqu'au Popeye Village Viewpoint pour admirer le village de loin. De là-haut, la vue dominante sur le décor coloré de Popeye et sur la baie est vraiment superbe.
La péninsule d'Aħrax
Nous décidons ensuite de partir vers la côte Est de l'île pour découvrir la péninsule d'Aħrax, un endroit sauvage et encore très préservé. Là-bas, au bord d'une falaise d'environ 25 mètres, se dresse une petite chapelle dédiée à l'Immaculée Conception, solitaire et touchante face à la mer.
Juste à côté, la statue de la Madone d'Aħrax, les bras ouverts vers la Méditerranée, domine les falaises. Le
panorama y est exceptionnel : une mer d'un bleu profond, des falaises sculptées par le vent, et une atmosphère paisible que l'on ne retrouve qu'en ces lieux un peu oubliés du tourisme de masse.
Après cette agréable halte, nous reprenons la route vers l'Est de l'île, cette fois en direction du Selmun Palace, situé sur la péninsule du même nom.
Le Selmun Palace — Tour de Selmun
Le Selmun Palace est une magnifique villa de style baroque perchée sur les hauteurs de la péninsule de Selmun, près de Mellieħa. Construite au XVIIIᵉ siècle, elle fut érigée par le Monte della Redenzione degli Schiavi, une institution maltaise créée sous le règne du Grand Maître Alof de Wignacourt. Son rôle était de financer le rachat des Maltais réduits en esclavage par les Ottomans ou par les pirates barbaresques — une facette méconnue mais passionnante de l'histoire de l'archipel.
Anciennement appelée Torre Nuova (Nouvelle Tour), cette demeure a par la suite été utilisée par les Britanniques comme hôpital naval durant la rébellion maltaise contre les Français.
Le palais a l'allure d'un petit château défensif, avec son donjon massif et ses fausses meurtrières, construites uniquement pour l'esthétique. Il n'a jamais eu de fonction militaire réelle, mais son architecture imposante impressionne encore aujourd'hui.
Malheureusement, il est fermé aux visiteurs.
En 1981, un hôtel de 140 chambres et 6 suites a été construit juste derrière : le Selmun Palace Hotel. Les lieux servaient alors pour des banquets, des mariages ou en extension hôtelière.
Mais en janvier 2011, l'hôtel a définitivement fermé, et depuis, l'ensemble est à l'abandon. Le site est surveillé par des gardiens et ne peut plus être visité.
En prenant la route un peu défoncée qui part sur la droite du palais, vous arriverez au Fort Campbell.
Le Fort Campbell
Situé comme le Selmun Palace sur la péninsule de Selmun, et faisant face aux îles Saint-Paul, le Fort Campbell est la toute dernière grande fortification construite à Malte. Édifié par les Britanniques peu avant la Seconde Guerre mondiale, entre 1937 et 1938, il avait pour mission de protéger l'île contre d'éventuelles zones de débarquement ennemies.
Le fort était remarquablement conçu : il devait être invisible depuis les airs.
Pour cela, les ingénieurs ont camouflé les murs en leur donnant l'apparence de simples murets de campagne maltaise. Les bâtiments, bas et espacés, étaient volontairement dépourvus de fioritures afin de se fondre dans le paysage. D'autres installations essentielles — comme la salle de traçage, les magasins de munitions ou les abris anti-aériens — étaient complètement souterrains.
Le fort était armé de trois canons BL de 6 pouces orientés vers la mer, ainsi que de plusieurs canons antiaériens et mitrailleuses légères. À l'époque, il constituait la fortification la plus importante au Nord des lignes Victoria.
Depuis son déclassement, le fort a lentement sombré dans un état de délabrement avancé. Aujourd'hui, il est abandonné, envahi par la végétation et en grande partie en ruine. Il a malheureusement été vandalisé à plusieurs reprises, mais quelques artistes de street art ont apporté une touche de couleur et de poésie dans ces vieux murs, rendant la visite étonnamment agréable et un peu ludique.
En 2014, le premier ministre Joseph Muscat avait annoncé un projet de réhabilitation du fort et de ses environs.
Mais rien n'a été entrepris depuis : le coût des travaux serait trop élevé compte tenu de la vaste superficie du site.
On peut malgré tout entrer et visiter librement les lieux, mais soyez extrêmement prudents : certaines parties sont instables, les planchers et les plafonds peuvent céder à tout moment…
Une visite fascinante, mais à vos risques et périls !
Où se loger à Mellieħa ?
Après cette journée bien remplie, nous sommes rentrés à l'hôtel. Nous avions réservé pour 3 nuits à l'Hotel VIU57 dans la ville de Mellieħa.
Cet hôtel est situé sur un point culminant de la ville juste à côté de l'église paroissiale de la Nativité de la Vierge Marie et de plusieurs très bons restaurants. Assez récent, il est doté d'une belle terrasse bien exposée avec une piscine et d'une vue magnifique.
Les chambres, avec une décoration contemporaine, sont propres et toutes ont la vue mer. Très calme et très bien situé, il est parfait pour passer quelques jours dans le Nord de l’île.
Le personnel est sympathique et souriant, toujours à l’écoute des clients.
Le petit déjeuner est copieux et excellent.
Cet hôtel a été l'un des meilleurs que nous avons eu à Malte.
Où se restaurer à Mellieħa ?
Notre restaurant préféré a été le Il-Bottegin.
Nous y sommes même allés trois fois… c'est dire si nous avons apprécié l’endroit !Il
Situé juste en face de l’église paroissiale de la Nativité de la Vierge Marie, et à seulement quelques minutes de notre hôtel, ce restaurant est une véritable petite pépite. Ils soignent les détails, l'ambiance, l'éclairage… tout est fait pour vous mettre à l'aise dès que vous passez la porte.
L'accueil est extra, le service rapide et attentionné.
La carte propose une belle variété de plats et d'excellentes suggestions du jour.
Honnêtement, tout est bon, mais j'ai eu un énorme coup de cœur pour les calamars frits, croustillants à souhait. Le thon était parfaitement cuit, un vrai délice, et que dire du risotto Marinara… succulent !
Le tout pour un prix très raisonnable, ce qui ne gâche rien.
Une adresse à ne surtout pas manquer si vous séjournez à Mellieħa !
Où boire un verre à Mellieħa ?
Sea View Cafe/Bar :
Ce petit café/bar ne paie pas de mine au premier regard, et pourtant… quelle belle surprise !
C'est l'endroit idéal pour prendre un bon petit déjeuner, savourer un café ou s'offrir un petit apéro en fin de journée (avec modération, bien sûr). La terrasse est immense, mais si vous voulez profiter pleinement de la vue imprenable sur la baie, mieux vaut arriver parmi les premiers pour décrocher les meilleures places.
Situé juste derrière l'église paroissiale de la Nativité de la Vierge Marie, à côté d'un charmant petit cimetière, l'établissement jouit d'un emplacement vraiment atypique et paisible. Le personnel est très agréable, mais ce qui fait toute la magie du lieu, c'est surtout son panorama exceptionnel.
Bref, une adresse que je recommande vivement à toute personne de passage, que ce soit pour boire un verre, se détendre ou simplement grignoter quelque chose face à l'une des plus jolies vues de Mellieħa.
Square Gastro Bar :
Plus chic que le précédent, ce lieu cosy séduit immédiatement par sa décoration contemporaine et son ambiance chaleureuse. On peut bien sûr y manger : la carte propose des plats simples mais vraiment appétissants, parfaits pour un déjeuner ou un dîner sans chichi. Les cocktails sont excellents et la grande terrasse offre une très belle vue sur l'église paroissiale de la Nativité de la Vierge Marie, surtout au coucher du soleil.
L'accueil est souriant, attentionné, et nous avons vraiment passé un moment très agréable dans ce petit bar tendance où il fait bon s'attarder.
Le lendemain, nous sommes partis passer la journée sur l’île de Comino.
Pour nous y rendre, nous avons pris la route jusqu'au port de Ċirkewwa, où nous avons laissé la voiture. Les véhicules ne sont pas autorisés sur l'île, à l'exception de ceux des quelques résidents : Comino se visite exclusivement à pied, ce qui est logique puisque l'île est une zone protégée et classée réserve naturelle.
Sans réservation préalable, nous nous sommes rendus directement au petit kiosque de Comino Ferries, qui vend les billets pour les bateaux en direction de l'île. L'embarquement est simple, rapide, et les rotations sont fréquentes… parfait pour une escapade en toute liberté !
Informations : Départ tous les jours à partir de 8h30 puis toutes de 30 mn jusqu'à 16h – Retour toutes les heures jusqu'à 15h30 puis toutes les 30 mn jusqu'à 18h – Tarifs : Adulte 13 € - Enfants de moins de 10 ans 7 € – Temps de traversée : 15 mn
Comme souvent le matin, depuis le début de notre périple, le temps était encore un peu capricieux : un ciel chargé de nuages et un vent léger qui soufflait sur la mer. Malgré cela, nous avons décidé de maintenir notre journée sur l'île de Comino. J'avais jeté un œil à la météo avant de partir, et normalement, le soleil devait finir par se frayer un chemin à travers cette épaisse couverture nuageuse. Alors, en route pour l'aventure !
L'île de Comino — Kemmuna
Réputée pour son magnifique Blue Lagoon, la petite île de Comino, d'une superficie de seulement 2,7 km², doit son nom à une plante sauvage qui pousse en abondance sur ses sols arides au printemps : le cumin.
Coincée entre Malte et Gozo, elle est séparée de ses deux grandes sœurs par deux détroits : celui de Malte, large de
1 500 m, et celui de Gozo, large de 850 m. Sur cette île minuscule vivent seulement… quatre habitants à l’année ! Deux gardiens pour l’hôtel, un policier et un prêtre.
En été, la population grimpe légèrement lorsque les employés saisonniers débarquent pour travailler au Comino Hotel.
Pendant l'époque romaine, Comino était habitée par des fermiers. Ensuite, au fil des siècles, elle a été tantôt peuplée, tantôt complètement désertée. Son isolement et ses reliefs abrupts en ont longtemps fait un refuge idéal pour les pirates. Ses falaises calcaires cachent d'impressionnantes cavernes accessibles uniquement par la mer. À l'époque médiévale, ces grottes servaient de repaires pour surveiller, surprendre puis attaquer les navires qui naviguaient entre Malte et Gozo. Une histoire mouvementée pour une si petite île !
Aujourd'hui, ce sont surtout les amateurs de plongée qui profitent de ces trésors naturels. Les fonds marins y sont réputés magnifiques : une faune et une flore d'une richesse insoupçonnée, un corail étonnamment abondant pour la Méditerranée, et des eaux tellement limpides que les photographes sous-marins y trouvent un véritable terrain de jeu.
Lorsque votre bateau approche de l'île, vous accostez directement à côté du célèbre Blue Lagoon. L'eau y est d'un bleu presque irréel, un mélange de turquoise et d'azur qui scintille au soleil — même lorsqu'il se fait timide comme ce matin-là.
Une petite plage a été aménagée avec des rangées de parasols et de transats, parfaits pour se poser quelques heures. En arrière-plan, une petite zone d'aménagement accueille plusieurs food trucks, des kiosques à sandwichs, des stands de boissons et même un bar à fruits. Il y a aussi des toilettes, ce qui est bien pratique vu l'affluence estivale.
Le Blue Lagoon est splendide, mais il attire énormément de monde en haute saison. Le matin reste donc le meilleur moment pour en profiter avant l'arrivée des bateaux touristiques.
Blue Lagoon — Bejn il-Kmiemen
Connu pour la beauté exceptionnelle de ses eaux bleu turquoise, calmes et cristallines, le Blue Lagoon est l'endroit où il est tout simplement impossible de résister à une baignade.
Cependant, attendez-vous à beaucoup de monde en journée. Le matin, vers 9h, il n'y a presque personne : plus tôt vous arriverez, plus tôt vous en profiterez avant l'afflux des touristes.
Un sentier longe ensuite les falaises en direction de la tour de guet It-Torri ta' Santa Marija. La balade est
magnifique et je vous la recommande vivement. Tout au long du chemin, vous profiterez de plusieurs points de vue superbes, notamment sur le Crystal Lagoon et sur la majestueuse cavité naturelle L-Għar ta’ Bla Saqaf / It-Tieqa / Taħt il-Ħnejja, aussi surnommée la grotte bleue de Comino.
Crystal Lagoon — Il-Bejta tal-Fenek
Comme son nom l'indique, l'eau y est d'une transparence extraordinaire. Nager ici est un vrai bonheur, et l'endroit est souvent un peu plus calme que le Blue Lagoon.
C'est aussi un excellent site de snorkeling et de plongée. La zone n'est pas très profonde et possède un tunnel sous-marin d'environ 30 mètres qui passe directement sous la roche : un vrai petit paradis pour les amateurs de sensations aquatiques.
L-Għar ta’ Bla Saqaf/It-Tieqa/Taħt il-Ħnejja — la Grotte des Sans Toit / La Fenêtre / Sous la Grotte.
Si vous avez du mal avec la prononciation, sachez qu'on l'appelle également la Grotte Bleue.
À quelques pas du Crystal Lagoon se trouvent plusieurs cavernes marines cachées, accessibles uniquement par bateau.
Lorsque la lumière du soleil frappe l'eau à certaines heures, les parois de la grotte se parent de nuances bleues absolument fantastiques. On dit que le spectacle est magique.
En continuant sur le sentier, vous apercevrez la Grotte des Sans Toit, une gigantesque excavation naturelle née de l'effondrement d'une grotte. Si vous tendez l'oreille, vous entendrez le ressac des vagues s'écraser dans la cavité.
⚠️ Ne vous approchez pas trop du bord : le sol y est instable.
Plus loin, le sentier mène à des falaises abruptes dominant la mer. Juste en dessous se trouve Taħt il-Mazz, une crique très appréciée des bateaux de plaisance. Protégée du vent, son eau reste calme même lorsque la mer est un peu agitée.
It-Torri ta' Santa Maria — Tour Sainte-Marie ou Tour Comino
Impossible de la rater : elle domine fièrement toute l'île.
Construite en 1618, cette magnifique tour servait à protéger les navires naviguant entre Malte et Gozo contre les corsaires et les pirates qui se cachaient dans les falaises et les grottes. C'était également un maillon essentiel dans le réseau de communication entre Malte et Gozo, notamment en cas d'attaque.
Sous l'occupation française (1798–1800), la tour servit de prison pour les espions présumés. Ensuite, en 1829, les Britanniques abandonnèrent définitivement le site.
ℹ️ Information utile : si un drapeau flotte au sommet de la tour, elle est ouverte à la visite.
Malheureusement pour nous, aucun drapeau le jour de notre passage… donc pas de visite.
À quelques centaines de mètres derrière la tour se trouve un ancien hôpital abandonné.
Abandoned Isolation Hospital
Cet hôpital, entièrement construit en pierre, était à l'origine une structure résidentielle appelée Il-Palazz, datant de 'époque des chevaliers au XVIIIᵉ siècle.
Grâce à l'isolement exceptionnel de l'île, les Britanniques décidèrent d'y construire, au XIXᵉ siècle et après une importante épidémie de choléra, un hôpital dédié aux maladies infectieuses.
Plus tard, au XXᵉ siècle, une ferme y fut installée afin d'aider à repeupler la population porcine après une épidémie de peste porcine africaine.
⚠️ Important : l'hôpital n'est pas visitable. Il est semi-privé et ne peut être observé que de l'extérieur.
Pour retourner au Blue Lagoon, nous sommes passés par la route en terre qui traverse l'intérieur de l'île. Les paysages sont beaux, très sauvages, mais aussi particulièrement arides. Une atmosphère presque désertique qui contraste avec le bleu éclatant du lagon.
Nous avons ensuite grignoté un petit quelque chose avant de reprendre le bateau pour retourner sur l'île de Malte.
Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, nous étions de nouveau au port de Cirkewwa, cette fois pour embarquer en direction de l'île de Gozo, où nous avions prévu de rester trois jours.
==================================================================================
Le ferry pour aller sur l'île de Gozo
Prendre le ferry pour Gozo, c'est vraiment d'une simplicité incroyable.
Pas besoin de billet en avance, pas besoin d'horaire précis : vous vous rendez simplement au port, vous vous placez dans la file et vous attendez votre tour pour embarquer.
Vous pouvez faire la traversée à pied ou avec votre véhicule, avec bien sûr des tarifs différents selon votre mode de transport.
Les ferries fonctionnent 24h/24 et 7j/7, et le trajet dure environ 25 minutes.
Il y a des départs toutes les 30 à 45 minutes dans les deux sens, ce qui permet de voyager à n'importe quel moment de la journée sans stress.
Petit détail important :
➡️ Les billets sont vendus uniquement au terminal de Mġarr, à Gozo, et sont calculés comme un aller/retour.
Vous ne payez donc qu'au moment du retour vers Malte.
Les horaires pouvant varier selon les jours, il est toujours bon de vérifier avant de partir. Lien : Gozo Channel
==================================================================================
L'Île de Gozo — Għawdex
Avec ses 67 km², Gozo est la deuxième plus grande île de l’archipel maltais. Située au nord, c'est aussi l'île la plus proche de la Sicile : elle en est séparée par le canal de Malte, large d’environ 90 kilomètres, tandis qu'un bras de mer de seulement 5 km la sépare de l'île de Malte.
Plus petite, plus rurale et beaucoup plus paisible, Gozo offre un tout autre visage que celui de sa grande sœur. Ici, le temps semble s'écouler plus lentement. L'atmosphère est reposante, les collines ondulantes rappellent un peu la Toscane, et les villages typiques perchés autour d'églises de pierre miel confèrent à l'île un charme authentique.
Comme Malte, Gozo fut convoitée depuis des millénaires : Phéniciens, Grecs, Romains, Arabes, Normands, Chevaliers de Saint-Jean, puis Français et Britanniques s'y sont succédé, laissant chacun une empreinte indélébile.
Son patrimoine culturel est donc d'une richesse exceptionnelle : sites archéologiques, art religieux, musées, forts historiques, paysages naturels spectaculaires, petites criques et plages magnifiques.
Gozo est un véritable petit paradis méditerranéen, idéal pour ceux qui recherchent tranquillité, nature, authenticité et découvertes culturelles.
Une fois débarqués, nous avons pris la route directement vers la ville d’Ir-Rabat.
Ir-Rabat — Città Victoria
Capitale de Gozo et plus grande ville de l'île, Ir-Rabat, appelée communément Victoria, se situe en plein cœur de ce petit paradis. Elle est encerclée de collines escarpées et de champs cultivés qui s'étendent à perte de vue.
Le nom de Victoria lui fut attribué en 1887 par les Britanniques, en hommage à la reine du même nom.
Victoria est une ville attachante, à la fois centre culturel, historique et religieux de Gozo. On y vient notamment pour sa citadelle médiévale, véritable cité fortifiée qui domine toute l'île, pour la basilique Saint-Georges, d'une beauté saisissante, et pour ses nombreux musées qui témoignent d'un passé riche et passionnant.
Il est très agréable de se perdre dans le vieux quartier et de déambuler dans son labyrinthe de ruelles piétonnes. Derrière chaque façade se cachent des cours intérieures pleines de charme, et de splendides demeures anciennes aux portes sculptées et aux balcons de pierre couleur miel.
Prenez le temps de vous arrêter sur une terrasse ombragée pour savourer un café… ou simplement pour bavarder avec les habitants. Assis devant leur porte sur des chaises en plastique, ils adorent échanger quelques mots avec les visiteurs.
Ici, tout respire la douceur de vivre, le calme et la sérénité. On s’y sent bien immédiatement, comme enveloppé dans une atmosphère intemporelle.
La Citadelle de Gozo — Gran Castello
Dominant fièrement la ville de Rabat et les paysages vallonnés de Gozo, la Citadelle est une véritable cité fortifiée perchée sur une colline naturellement défensive. Construite et renforcée par les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean, elle servait autrefois de refuge aux habitants de l'île lors des invasions ottomanes. Jusqu'au début du XVIIe siècle, c'était d'ailleurs le seul endroit sécurisé où la population pouvait se protéger.
L'accès à la Citadelle est gratuit, alors ne manquez surtout pas d'arpenter ses remparts, ses bastions massifs et ses ruelles étroites. La sensation est unique : on a réellement l'impression de remonter le temps.
Depuis le sommet des fortifications, la vue circulaire à 360° est spectaculaire : collines dorées, petits villages, mer scintillante… Gozo s'’offre à vous dans toute sa splendeur.
À l'intérieur, la Citadelle abrite plusieurs musées ainsi que la superbe Cathédrale de Gozo, dont la visite, elle, est payante.
La Cathédrale de Gozo
Située au cœur de la Citadelle, la cathédrale est consacrée à Sainte Marie - Notre-Dame-de-l'Assomption. Érigée entre 1697 et 1711 en pierre calcaire locale, elle a remplacé une ancienne église détruite lors du terrible séisme de 1693. Église collégiale à l'origine, elle deviendra cathédrale en 1864, lorsque le pape Pie IX établit officiellement l'évêché de Gozo.
Son architecture est un bel exemple du baroque maltais. L'intérieur de la cathédrale est superbe, la nef est entièrement recouverte de peinture en caisson et éclairé par six fenêtres au-dessus des chapelles latérales. Le sol est recouvert de dallage de plaques tombales incrustées de marbre polychrome. Le transept, court et très lumineux, sépare le cœur éclairé de deux fenêtres et meublé de stalles en bois. Une peinture en trompe-l’œil de 1739 donne l'illusion de la coupole absente. Parmi les œuvres exposées, on peut admirer La Naissance de la Vierge et une Immaculée Conception de Michele Busuttil.
Informations : Prix d'entrée : Adulte 5 € (Séniors et étudiants entre 11 et 16 ans 3 €). Entrée du Musée est comprise dans le prix. Ouverture du Musée du lundi au samedi, de 10h à 13h et de 13h30 à 16h30.
Le musée attenant présente également un fiacre historique, des pierres issues du trésor de la cathédrale, des vêtements sacerdotaux et plusieurs objets liturgiques en or ou en argent.
La Basilique Saint-Georges de Rabat
Située sur la charmante place San Ġorġ, en plein cœur du vieux Rabat, la basilique Saint-Georges est un joyau d'art religieux. Construite en 1678, elle fut presque entièrement détruite lors du séisme de 1693 et dut être reconstruite sur plusieurs siècles. Sa façade, par exemple, ne fut achevée qu'en 1818, et son dôme seulement au XXe siècle.
L'extérieur, plutôt sobre, est orné de marbre et de stuc doré, tandis que la gigantesque porte en bronze est un ajout plus récent.
En poussant cette porte, vous découvrirez un intérieur somptueux, richement décoré d'or, de fresques et de scènes bibliques occupant chaque recoin.
Les arches vêtues de rouge vif, les toiles de maîtres italiens, la fresque de la coupole, ainsi que le célèbre tableau Saint Georges terrassant le dragon, confèrent à l’ensemble une majesté impressionnante. On peut aussi admirer une sculpture de Saint Georges réalisée en 1841 par Paolo Azzopardi.
© Photo de Diego Delso
Malheureusement, le jour de notre visite, la basilique était en travaux : des échafaudages recouvraient sa grande porte et elle était fermée au public.
Nous avons donc repris la voiture pour nous diriger vers la basilique Ta' Pinu, située à environ 4 km du centre de Rabat, dans la petite ville de Għarb.
La Basilique Notre-Dame Ta' Pinu de Għarb — Le sanctuaire national Ta' Pinu
Relativement récente, cette grande basilique fut construite en 1920, au milieu de nulle part, en remerciement pour la protection miraculeuse attribuée à la Vierge Marie.
En juin 1883, une paysanne, Karmni Grima, aurait entendu la voix de la Sainte Vierge à l'intérieur d'une vieille chapelle délabrée. Deux de ses amis auraient également perçu cet appel. À partir de cet événement, de nombreux miracles et grâces auraient été rapportés, ce qui contribua rapidement à faire de ce lieu un centre spirituel majeur.
Ta' Pinu est aujourd'hui un haut lieu de pèlerinage pour les catholiques maltais.
En 1931, le pape Pie XI lui accorda le titre de basilique, et elle fut consacrée l'année suivante. Deux papes y sont venus en visite : Jean-Paul II en 1990 et Benoît XVI en 2010.
En 2021, elle demeure le seul sanctuaire national maltais.
Son cadre est exceptionnel : isolée au cœur d'une immense étendue rurale, Ta’ Pinu se dresse magnifiquement face aux collines de Gozo. L'intérieur, sobre mais émouvant, abrite de nombreux ex-voto touchants témoignant de la foi
des pèlerins.
Lorsque vous arrivez sur l'esplanade, vous apercevez différentes statues de saints en marbre blanc, ainsi que trois statues en bronze représentant le petit groupe de paysans qui aurait entendu la voix de la Sainte Vierge. Vous pourrez également admirer de magnifiques murs de mosaïques situés de part et d'autre de l'esplanade, illustrant diverses scènes bibliques.
Informations : Entrée gratuite – Heures de visite : Du lundi au dimanche de 6h30 à 12h15 et de 15h30 à 19h00.
Ix-Xlendi
Situé au Sud-Ouest de l'île de Gozo, ce petit village offre un spectacle naturel incontournable. Ancien village de pêcheurs, il est aujourd'hui un lieu touristique réputé pour son charme singulier, ses excellents restaurants de poissons et ses clubs de plongée sous-marine.
Sa particularité est sa géographie : Xlendi se niche au fond d'une baie très étroite, bordée de hautes falaises calcaires qui forment un port naturel parfaitement protégé des vents et des tempêtes.
En partant sur la gauche de la baie, vous pourrez suivre un sentier côtier qui mène jusqu’à une tour de guet. De là, vous profiterez d’une vue superbe sur les falaises de calcaire beige plongeant dans la mer d’un bleu profond. Une balade agréable et dépaysante, à ne pas manquer.
Où dormir sur l'île de Gozo ?
Certainement pas à l’hôtel San Andrea à Xlendi… 😡
Après cette visite, nous avons pris la direction de notre hôtel situé dans la ville de Xlendi. Nous avions malheureusement réservé trois nuits à l’hôtel San Andrea.
Un soi-disant trois étoiles qui, en réalité, ressemble davantage à un boui-boui auquel je n'aurais même pas attribué une étoile. Je n'aime pas critiquer gratuitement, mais là, je me suis senti arnaqué.
J'avais réservé deux chambres sur Booking avec vue mer, les avis semblaient corrects et le prix correspondait à un hôtel trois étoiles. J'ai donc réservé, confiant, malgré l'absence de remboursement possible.
Une heure après, je reçois un email : ils sont « désolés », mais ils n'ont plus de chambres vue mer.
À notre arrivée, j'ai essayé de discuter, mais rien n'y a fait : aucun geste commercial, aucun remboursement, aucune réduction.
Nous avons été « généreusement » logés dans deux chambres au 1ᵉʳ étage, avec vue sur la rue… face à un bâtiment en mauvais état. Les chambres n'étaient pas propres, les salles de bains vétustes, les serviettes déchirées. Les climatiseurs faisaient un bruit infernal et, pour couronner le tout, lors d'une nuit, le chien d'un client a hurlé pendant des heures. À minuit, je suis descendu voir le gardien pour lui demander d'intervenir. Résultat ? Rien.
Bref, un véritable taudis. À fuir absolument !
Où manger à Xlendi ?
Ce joli restaurant en bord de mer dispose d'une belle terrasse offrant une vue superbe sur la baie. L'accueil y est chaleureux et le service très bon. Ils proposent une grande carte avec beaucoup de choix : viandes, poissons frais, hamburgers, risottos et pâtes, ainsi qu'une très belle sélection de vins.
Les assiettes sont copieuses, goûteuses, et en prime, vous aurez droit à de magnifiques couchers de soleil.
Un endroit idéal pour un dîner romantique ou simplement pour profiter de la vue.
Situé face à la baie de Xlendi, ce bar-restaurant est une valeur sûre. Le service est rapide, le personnel très agréable, et la carte offre un bon choix de plats méditerranéens. Nous y avons mangé deux soirs et nous n'avons jamais été déçus.
C'est également un lieu parfait pour admirer de superbes couchers de soleil à l'heure de l'apéritif.
Une ambiance simple, détendue et authentique.
Le lendemain, nous sommes partis faire une petite randonnée le long des falaises de Gebel Ben Gorg, situées entre la baie de Xlendi et celle de Dwejra. Hautes de 150 mètres, ces falaises impressionnantes se dressent fièrement
au-dessus de la Méditerranée, offrant un panorama grandiose et sauvage. Une balade incontournable pour les amateurs de beaux paysages.
Les falaises de Gebel Ben Gorg Randonnée coup de cœur
Pour commencer cette superbe promenade, rendez-vous à l’étang artificiel de Saint-Raphaël (San Raflu Lake), près de la localité de Kerċem. Autrefois, les villageois venaient ici pour laver leur linge.
Vous devrez ensuite quitter la route et descendre un petit chemin pour arriver au bord de la falaise, où vous trouverez un sentier côtier. La balade est facile : vous traverserez des champs tout en longeant ces falaises abruptes. Vous serez émerveillés par les vues panoramiques à couper le souffle — un vrai régal pour les yeux.
Le sentier vous mènera progressivement jusqu'à la baie de Dwejra.
Cette baie est célèbre pour être fermée côté mer par l'îlot Fungus Rock (Rocher des Champions), sur lequel pousse une plante étonnante : le cynomorium écarlate, surnommée la Racine du Général (Għerq tal-Ġeneral en maltais), un parasite vivace très recherché. Utilisée autrefois comme remède contre la dysenterie, sa rareté en fit, au XVIIIᵉ siècle, une plante extrêmement précieuse. Les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean en avaient d'ailleurs le monopole de la récolte et du commerce.
Contes et légendes
On raconte également qu'autrefois, de nombreux pêcheurs se suspendaient au bout d'une corde depuis le haut des falaises pour pêcher, risquant leur vie à chaque instant. Un jour, la corde d'un pêcheur céda, et il tomba dans une mer agitée par le vent. Malgré ses talents de nageur, il ne parvenait pas à regagner la falaise. Alors qu'il perdait tout espoir, une Dame Blanche serait apparue pour l'aider à revenir sur la rive. Une fois l'homme sauvé, elle disparut mystérieusement…
Pas très loin de la baie de Dwejra se trouvent l’Inland Sea et le Blue Hole.
Inland Sea
Comme son nom l'indique, l'Inland Sea est une petite baie intérieure fermée, reliée à la mer par un grand tunnel naturel qui traverse la falaise sur environ 80 mètres.
La mer intérieure est, paraît-il, l'un des sites de plongée les plus spectaculaires d'Europe. Le légendaire explorateur maritime Jacques Cousteau aurait même déclaré que la plongée dans ce lieu faisait partie des dix meilleures de toute sa vie.
Il faut dire que les jeux de lumière créés par le soleil filtrant à travers le tunnel offrent un spectacle époustouflant aux plongeurs.
Si vous n'êtes pas amateur de plongée, vous pourrez tout de même vous baigner dans ces eaux bleu turquoise et peu profondes, ou encore prendre un petit bateau pour traverser le tunnel jusqu'à la pleine mer.
Malheureusement, lors de notre passage, cette activité était fermée.
À seulement 5 minutes à pied, on découvre le célèbre Blue Hole. Il s'agit d'une cheminée circulaire d'une vingtaine de mètres de diamètre, accessible par un petit sentier sinueux entre des rochers glissants depuis le parking de Dwejra.
Là encore, c'est un spot de plongée exceptionnel, très apprécié des clubs. Une expérience à vivre si vous aimez explorer les fonds marins !
Juste à côté, vous pourrez admirer ce qu'il reste de l'ex-Tieqa Żerqa, la Fenêtre d’Azur.
Pourquoi ex ? Parce qu'elle n'existe malheureusement plus : elle s'est effondrée le 8 mars 2017 après une violente tempête.
Tieqa Żerqa — La fenêtre d'Azur
C'était l'une des merveilles naturelles les plus emblématiques de l'archipel maltais : une somptueuse arche calcaire très prisée des touristes.
Apparue probablement au XIXᵉ siècle, elle était menacée depuis des années par l'érosion marine et son effondrement avait été anticipé par de nombreux géologues. Là où l'arche se dressait fièrement au-dessus de la mer, il ne reste aujourd'hui que la paroi rocheuse.
Ce lieu, si photogénique, avait servi de décor à plusieurs productions cinématographiques, dont Le Choc des Titans, La Vengeance de Monte Cristo et même la série Game of Thrones.
Le 8 mars 2017, lors d'une violente tempête, le pilier principal s'est effondré et l'arche a disparu entièrement dans la mer.
Même si la Fenêtre d'Azur n'existe plus, l'endroit reste absolument incontournable, tant le paysage y est spectaculaire.
Prévoyez simplement un peu de patience si vous souhaitez, comme moi, faire des photos sans personne autour : le site est très fréquenté !
Après cette étape impressionnante, nous avons repris la voiture pour monter tout au Nord de l'île, en direction des marais salants de Xwejni.
Xwejni Salt Pans — Les Marais Salants de Xwejni Site coup de cœur
C’est LE lieu incontournable de votre périple sur l'île de Gozo. Vous serez immédiatement frappés par ce décor majestueux : un vaste damier de bassins creusés dans la roche calcaire, alignés face à la mer.
Ces marais salants, vieux de plus de 350 ans, s'étendent sur environ trois kilomètres le long d'une côte sculptée par le vent et les vagues. Ils témoignent d'une tradition gozitaine profondément ancrée : la production artisanale de sel
de mer.
Cette coutume se transmet de génération en génération. Pendant les mois chauds, de mai à septembre, on peut parfois observer les familles locales gratter les cristaux de sel accrochés aux parois de chaque bassin. Ici, tout est fait à la main : la récolte, le traitement et même l'emballage.
La météo joue un rôle crucial : seules les journées chaudes, sèches et très ensoleillées permettent une bonne évaporation de l'eau et donc une récolte optimale.
Le spectacle est saisissant de beauté et la balade le long de ces marais salants est un véritable enchantement.
Après cette promenade unique, continuez encore un peu jusqu’à Wied il-Għasri.
Wied il-Għasri
Wied il-Għasri est un site reculé, mais absolument à voir. Long d'environ 300 mètres, ce petit fjord naturel — le seul et unique de Gozo — est un véritable petit joyau.
Ses falaises, finement sculptées dans le calcaire, serpentent vers la mer et encadrent une eau d'un bleu cristallin qui invite irrésistiblement à la baignade.
C'est aussi un paradis pour les plongeurs et les amateurs de snorkeling, qui viennent profiter de la tranquillité des lieux et de la richesse des fonds marins.
Au bout du fjord, une minuscule plage de galets accueille les visiteurs. Elle est souvent prise d'assaut par les locaux, surtout en été, donc si vous souhaitez vous y rafraîchir, mieux vaut arriver tôt le matin.
Prochaine étape : direction la côte Est de l’île pour aller découvrir la célèbre plage de Ramla.
Ir-Ramla l-Ħamra — Baie de Ramla
Située entre les villages de Nadur et Xagħra, la baie de Ramla est recouverte d'une superbe plage de sable ocre-orangé, unique à Malte. C'est l'une des plages les plus appréciées des Maltais comme des touristes, et certains la considèrent même comme la plus belle plage où se poser lors d'un séjour dans l'archipel.
Au centre de la plage trône une statue de la Vierge à l'Enfant, érigée en 1881. Elle veille symboliquement sur les marins et les baigneurs.
Sur le versant ouest de la baie se trouve une grotte naturelle qui, selon la légende, serait la grotte de Calypso. C'est ici que la nymphe aurait retenu Ulysse prisonnier durant sept longues années.
De là-haut, le panorama est splendide, offrant l'une des plus belles vues plongeantes sur Ramla. Malheureusement, la grotte est fermée au public depuis quelques années : faute d'entretien, elle est devenue instable et dangereuse.
De l'autre côté de la baie, perché dans la colline, se trouve un autre point de vue incontournable : la Tal-Mixta Cave.
Tal-Mixta Cave
La grotte de Tal-Mixta, située dans les collines de Nadur, est une cavité assez simple en soi — elle ne casse pas trois pattes à un canard, soyons honnêtes — mais ce n'est pas pour la grotte qu'on y monte…
C'est pour la vue !
Tal-Mixta fait office de fenêtre naturelle ouverte sur l'un des panoramas les plus spectaculaires de la Méditerranée. Depuis son ouverture rocheuse, la baie de Ramla s'étend, majestueuse, avec son sable flamboyant et ses eaux turquoise. Un décor absolument magnifique.
Il est possible d'y grimper à pied par un sentier escarpé qui part de la plage, mais nous avons préféré faire comme beaucoup de visiteurs : y accéder en voiture. C'est plus simple, surtout quand il fait chaud.
Après cette journée bien chargée, nous sommes retournés dans notre hôtel miteux à Xlendi.
Le lendemain, nous sommes partis en direction du site de Ġgantija.
Ġgantija Temples — La Tour des Géants
Situé au centre de l'île de Gozo, près de la ville de Xagħra, Ġgantija est un ensemble de deux temples mégalithiques connus depuis très longtemps. Plus anciens que les pyramides d'Égypte, ces temples figurent parmi les premières constructions monumentales au monde encore debout. Les plus anciennes traces remonteraient à environ 5 000 av. J.-C.
Les premières fouilles eurent lieu en 1827, mais le site ne fut clôturé qu’en 1956. En 1980, l'UNESCO classe Ġgantija au Patrimoine mondial de l'humanité.
La superficie totale du site est impressionnante : 1 750 m², et certaines pierres sont gigantesques. La plus imposante mesure 5,70 × 3,80 m pour un poids estimé à 50 tonnes ! Cela atteste du savoir-faire remarquable des bâtisseurs du Néolithique, qui maîtrisaient déjà des techniques avancées de construction et de levage.
L’ensemble est composé de deux temples :
Le temple méridional
C'est le plus grand et le plus ancien des deux. Il mesure 28 × 24 m et présente une forme de trèfle typique des temples maltais. Les archéologues estiment qu'une première version du bâtiment existait déjà vers 4100 av. J.-C.
Le temple septentrional
Plus petit (environ 20 × 18 m), il se compose de deux salles à double abside. Il serait postérieur au premier et daterait d’environ 3600 av. J.-C.
Aujourd'hui, il est moins bien conservé, mais reste tout aussi fascinant pour comprendre l'évolution de l'architecture néolithique maltaise.
Informations : Ouverture tous les jours de juin à octobre 9h - 18h et de novembre à mai 9h - 17h – Prix : Adulte 9 € – Sénior et adolescent 7 € – Enfant 5 € – Gratuit pour les moins de 5 ans.
Ta' Ćenć Cliffs
Les falaises de Ta' Ċenċ forment une longue bande de littoral escarpé d'une vingtaine d'hectares, située à proximité de la ville de Ta’ Sannat, sur la côte Sud de l'île de Gozo. Ce sont de magnifiques falaises abruptes, irrégulières et impressionnantes, qui s'élèvent jusqu'à 120 mètres au-dessus de la mer.
Elles sont d'ailleurs classées comme zone importante pour les oiseaux, tant la biodiversité y est riche.
Ces falaises abritent également plusieurs vestiges archéologiques et historiques fascinants. Parmi eux, le temple mégalithique de Borġ L-Imramma, constitué d'une cour presque circulaire d'environ 20 mètres de diamètre. Les spécialistes estiment que la structure remonterait à 4100 – 3000 av. J.-C.
On y trouve également trois dolmens ainsi que les mystérieuses Cart Ruts (ornières de charrette). Ces sillons parallèles creusés dans la roche intriguent depuis toujours : certains pensent qu'ils auraient été formés par le passage répété de chariots transportant de lourds blocs. Mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres, car en réalité, personne ne sait avec certitude à quoi servaient ces ornières. Aucun archéologue n'a encore réussi à résoudre définitivement cette énigme millénaire, ce qui ne fait qu'ajouter au charme du lieu.
Après une bonne nuit de sommeil, nous avons repris le ferry pour retourner à La Valette, où nous avons passé notre dernière journée.
Nous en avons profité pour aller visiter la ville de Tas-Sliema, située au Nord, juste en face de La Valette.
Tas-Sliema
Avec ses 3 km de promenade en bord de mer, bordée d'hôtels, de restaurants, d'immeubles résidentiels, de centres commerciaux et de nombreuses boutiques et enseignes internationales, Sliema est le lieu idéal pour faire quelques emplettes.
D'un point de vue historique, la ville n'offre pas énormément de points d'intérêt, mais vous pourrez profiter d'une magnifique vue sur La Valette, surtout en fin de journée lorsque la lumière dore les remparts.
Fort Manoel
Le fort Manoel se dresse majestueusement face à la ville d’Il-Gżira, dans le Marsamxett Harbour, avec La Valette en toile de fond. Il protégeait autrefois l'accès au port ainsi que les mouillages de la crique de Tas-Sliema.
C'est un fort bastionné, dont la majorité des fossés et des murs ont été directement taillés dans la roche qui forme le relief de l'île. L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem l'a fait édifier entre 1723, date de la pose de la première pierre, et 1755.
Le fort joua un rôle important, non seulement sous le gouvernement des Chevaliers, mais aussi durant la période britannique, jusqu'en 1906, date à laquelle il fut désaffecté.
Malheureusement pour nous, il était fermé lors de notre passage.
Depuis la ville de Sliema, plusieurs compagnies proposent des mini-croisières appelées Full Harbours Cruises, c'est-à-dire une visite complète de tous les ports autour de La Valette.
Nous avons choisi un peu par hasard la compagnie Luzzu Cruises.
Les bateaux partent de l'intérieur de la crique de Sliema, puis longent la presqu'île de Manoel jusqu'à la crique de Lazzaretto.
Ils passent ensuite vers Ta’ Xbiex, puis longent les criques de Msida et Pietà, en admirant les remparts et fortifications entourant La Valette.
La croisière continue ensuite en direction de Floriana jusqu’au Grand Port.
Vous naviguerez dans Menqa Creek, Marsa Creek et le bassin intérieur pour observer de près le grand chantier naval de Malte.
Puis le bateau poursuit sa route vers French Creek et la zone de l'arsenal, avant de contourner les Trois Cités (L-Isla, Bormla et Il-Birgu).
Avant le retour à Sliema, vous passerez également par Kalkara Creek et Rinella Bay.
Informations : Horaires : 10h30 - 12h30 - 14h30 - 16h00 (toute l'année) et 17h00 (d'avril à octobre) – Prix : Adultes
16 € et enfants 13 €
Voyage coup de cœur
Conclusion :
Je n’ai vraiment pas regretté d'être allé découvrir ce magnifique petit pays européen. C'est une destination idéale qui offre un parfait compromis entre tourisme balnéaire et visites culturelles. On a l'impression de remonter le temps en parcourant ces passionnantes cités d'art, si bien conservées, où chaque monument porte encore la marque chevaleresque.
L'archipel maltais est un savoureux mélange d'art de vivre, de culture fascinante, de patrimoine exceptionnel, de paysages marins aux dégradés de bleu sublimes et d'un soleil omniprésent, le tout accompagné d'un accueil chaleureux.
Tous les ingrédients sont réunis pour composer le cocktail idéal de vacances réussies.
Il y a tellement de choses à voir que 13 jours sur place sont à peine suffisants pour tout découvrir… 😜
N’hésitez plus : partez, vous aussi, à la découverte de ce joyau méditerranéen.
Carte de notre périple
Île de Malte Île de Comino
Île de Gozo
© Textes et photographies : Stéphane Campagne/All rights reserved.
Le contenu de ce site est protégé par le droit d’auteur, toute reproduction totale ou partielle est interdite
Ce site web utilise les cookies. Veuillez consulter notre politique de confidentialité pour plus de détails.